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Henryk Grossmann – Marx, die klassische Nationalökonomie und das Problem der Dynamik (Ausg. 1969)

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Paul Mattick – Nationalisme et socialisme (1959)

Qu’elles soient soudées par l’idéologie, par les conditions objectives ou par la combinaison habituelle des deux, les Nations sont des produits d’un développement social. Il n’y a pas plus de raison ni de chérir ou de maudire le tribalisme ou, pour la même raison, un cosmopolitisme idéal. La nation est un fait pour ou contre lequel on lutte, suivant les circonstances historiques et leurs implications pour les populations et, à l’intérieur de ces populations pour les différentes classes.
L’État national moderne est à la fois produit et condition du développement capitaliste. Le capitalisme tend à détruire les traditions et les particularités nationales en étendant son mode de production partout dans le monde. Cependant, quoique la production mondiale, et quoique le « vrai » marché capitaliste soit le marché mondial, le capitalisme surgit dans certaines nations plus tôt que dans d’autres, trouva des conditions plus favorables dans certains endroits, y réussit mieux, et combina ainsi des intérêts capitalistes spéciaux avec des besoins nationaux particuliers. « Les nations progressives » du dernier siècle furent celles où se produisit un développement capitaliste rapide ; « les nations réactionnaires » furent celles où les rapports sociaux entravèrent le développement du mode capitaliste de production. Parce que le « proche avenir » appartenait au capitalisme, et, parce que le capitalisme est la condition préalable du socialisme, les socialistes non-utopistes favorisèrent le capitalisme comme opposé aux vieux rapports sociaux de production, et saluèrent le nationalisme dans la mesure où il pouvait hâter le développement capitaliste. Sans l’admettre ouvertement, ils n’étaient pourtant pas loin d’accepter l’impérialisme capitaliste comme moyen d’en finir avec la stagnation et le retour des contrées non-capitalistes, d’orienter ainsi leur développement dans des voies progressives. Ils étaient favorables aussi à la disparition des petites nations incapables de développer l’économie sur une grande échelle, et à leur absorption par des entités nationales plus larges, capables de développement capitaliste. Ils soutenaient cependant les petites «nations progressives » contre les grands pays réactionnaires et si elles étaient absorbées par ces derniers, firent cause commune avec les mouvements de libération nationale.
A aucun moment et en aucune occasion cependant, le nationalisme n’était considéré comme objectif socialiste ; il n’était accepté que comme instrument d’un progrès social qui, ensuite, aboutirait finalement à l’internationalisme socialiste. Le « monde capitaliste » du siècle dernier, c’était le capitalisme occidental. La question nationale se posait à propos de l’unification de pays comme l’Allemagne et l’Italie, de la libération de nations opprimées comme l’Irlande, la Pologne, la Hongrie, la Grèce et de la consolidation d’Etats «synthétiques» comme les Etats-Unis. C’était aussi le monde du socialisme, un monde limité, vu du XXème siècle. Alors que les questions nationales qui agitaient le mouvement socialiste au milieu du XIXème siècle étaient ou bien résolues, ou bien en voie de l’être et avaient en tout ca cessé d’avoir une réelle importance pour le socialisme occidental, le mouvement révolutionnaire du XXème siècle, élargi au monde entier, posait de nouveau la question du nationalisme.
Ce nouveau nationalisme, qui secoue la domination occidentale et institue les rapports de production capitaliste et l’industrie moderne dans des régions encore sous-développées, est-il toujours une force « progressive » comme l’était le nationalisme d’antan ? Ces aspirations nationales coïncident-elles en quoique ce soit avec les aspirations socialistes ? Hâtent-elles la fin du capitalisme en affaiblissant l’impérialisme occidental ou bien injectent-elles une vie nouvelle au capitalisme en étendant au globe entier son mode de production ?
La position du socialisme du XIXème siècle, vis à vis du nationalisme ne consistait pas seulement à préférer le capitalisme à des systèmes sociaux plus statiques. Les socialistes intervenaient dans les révolutions démocratico bourgeoises qui étaient aussi nationalistes ; ils appuyaient les mouvements de libération nationale des peuples opprimés parce qu’ils se présentaient sous des formes démocratico-bourgeoises, parce qu’aux yeux des socialistes, ces révolutions nationales démocratico-bourgeoises n’étaient plus des révolutions strictement capitalistes. Elles pourraient être utilisées, sinon à installer le socialisme lui-même, du moins à favoriser la croissance de mouvements socialistes et à lui assurer de meilleures conditions.
Cependant, à la fin du siècle, c’est l’impérialisme, non le nationalisme, qui était à l’ordre du jour. Les intérêts allemands « nationaux » étaient devenus des intérêts impérialistes rivalisant avec les impérialismes d’autres pays. Les intérêts «nationaux » français étaient ceux de l’empire français, comme ceux de Grande Bretagne étaient ceux de l’empire britannique. Le contrôle du monde et le partage de ce contrôle entre les grandes puissances impérialistes déterminaient des politiques « nationales ». Les guerres « nationales » étaient des guerres impérialistes culminant en guerres mondiales.
On considère généralement que la situation russe, au commencement du XXème siècle, était en bien des points similaire à la situation révolutionnaire de l’Europe occidentale du milieu du XIXème siècle. L’attitude positive des premiers socialistes à l’égard des révolutions nationales bourgeoises s’appuyait sur l’espoir, sinon sur la conviction, que l’élément prolétarien, dans ces révolutions, dépasserait le but limité de la bourgeoisie. Pour Lénine, la bourgeoisie russe n’était plus capable d’accomplir sa propre révolution démocratique de sorte que la classe ouvrière était appelée à accomplir la révolution bourgeoise et la révolution prolétarienne à travers une série de changements sociaux qui constitueraient une « révolution permanente ». En un sens, la nouvelle situation semblait répéter sur une plus grandiose échelle, la situation révolutionnaire de 1848. Au lieu des alliances d’autrefois, limitées et temporaires, entre mouvements démocratico-bourgeois et internationalisme prolétarien, il existait maintenant à l’échelle mondiale, un ensemble de forces révolutionnaires de caractère à la fois social et national, qui devraient être entraînés au-delà de leurs objectifs restreints vers des fins prolétariennes.
Un socialisme international consistant, comme celui de Rosa Luxembourg, par exemple, s’opposait à « l’autodétermination nationale » des Bolcheviques. Pour elle, l’existence de gouvernements nationaux indépendants n’altérerait pas le fait qu’ils seraient contrôlés par les puissances impérialistes puisque ces dernières dominaient l’économie mondiale. Jamais on ne pourrait lutter contre le capitalisme impérialiste, ni l’affaiblir, en créant de nouvelles nations : mais seulement en opposant au supra-nationalisme capitaliste l’internationalisme prolétarien. Naturellement, l’internationalisme prolétarien ne peut empêcher et n’a aucune raison d’empêcher les mouvements de libération nationale contre la domination impérialiste. Ces mouvements appartiennent à la société capitaliste, exactement comme son impérialisme. Mais « utiliser » ces mouvements nationaux pour des buts socialistes ne pouvait signifier autre chose que les débarrasser de leur caractère nationaliste et les transformer en mouvements socialistes, orientés vers l’internationalisme.
La première guerre mondiale produisit la Révolution russe, et, quelles qu’aient été ses intentions primitives, elle fut et resta une révolution nationale. Bien qu’elle attendit de l’aide de l’étranger elle n’en apporta jamais aux forces révolutionnaires de l’extérieur, excepté lors-que cette aide lui fut dictée par les intérêts russes nationaux. La 2ème guerre mondiale et ses séquelles amena l’indépendance pour l’Inde et le Pakistan, la Révolution chinoise, la libération de l’Asie du Sud-Est, et l’autodétermination pour quelques nations d’Afrique et du Moyen-Orient. A première vue, cette renaissance du nationalisme contredit à la fois la position de R. Luxembourg et celle de Lénine, sur la « question nationale » . Apparemment, l’époque de l’émancipation nationale n’est pas terminée, et il est évident que le courant de plus en plus fort contre l’impérialisme ne sert pas les fins socialistes révolutionnaires à l’échelle mondiale.
Ce que révèle réellement ce nouveau nationalisme, ce sont les changements structurels de l’économie capitaliste mondiale et la fin du colonialisme du XIXème siècle. Le « fardeau de l’homme blanc » est devenu un fardeau réel au lieu d’une aubaine. Les profits de la domination coloniale diminuent tandis que le coût de l’empire augmente. Sans doute des individus, des corporations, et même des gouvernements, s’enrichissent encore par l’exploitation coloniale. Mais ceci n’est plus dû qu’à des conditions spéciales, contrôle de ressources pétrolières concentrées, découvertes de grands gisements d’uranium, etc.. plutôt qu’au pouvoir général de faire des opérations profitables dans les colonies et autres contrées dépendantes. Les taux de profit exceptionnels d’autrefois sont tombés aujourd’hui au niveau de taux de profit « normal ». Lorsque le profit reste exceptionnellement élevé, c’est surtout dû aux subsides gouvernementaux. En général, le colonialisme ne paye plus, de sorte que, c’est en partie le principe du profit lui-même qui invite à reconsidérer le problème de la domination impérialiste.
Deux guerres mondiales ont plus ou moins détruit les vieilles puissances impérialistes. Mais elles n’ont pas amené la fin de l’impérialisme qui, tout en prenant de nouvelles formes et expressions, maintient le contrôle économique et politique des nations fortes sur les faibles. Un impérialisme indirect paraît plus riche en promesses que le colonialisme du XIXème siècle ou sa renaissance tardive dans la politique russe des satellites. Naturellement, l’une n’exclut pas l’autre, et on voit des considérations stratégiques réelles ou imaginaires porter les Etats-Unis à contrôler Okinaya, et l’Angleterre, Chypre. Mais en général, un contrôle indirect peut être supérieur à un contrôle direct, de même que le système du travail salarié s’est montré supérieur au travail des esclaves. Seule dans l’hémisphère Ouest, l’Amérique n’a pas été une puissance impérialiste dans le sens traditionnel. Elle s’est assurée le bénéfice du contrôle impérial, plus par la «diplomatie du dollar » que par l’intervention militaire directe. En tant que puissance capitaliste la plus forte, l’Amérique espère dominer à sa manière les régions non soviétiques du monde.
Aucune des puissances européennes n’est de force aujourd’hui à s’opposer à la dissolution complète de son empire, si ce n’est avec l’aide américaine. Mais cette aide soumet ces nations tout comme leurs possessions étrangères, à la pénétration et au contrôle américains. Héritant de ce qu’abandonne l’impérialisme et son déclin, les Etats-Unis n’éprouvent pas le besoin de voler au secours de l’impérialisme ouest-européen à moins qu’un tel secours ne frustre le bloc oriental. «L’anticolonialisme » n’est pas une politique américaine délibérément voulue pour affaiblir les alliés occidentaux , — bien qu’en fait elle les affaiblisse — mais a été choisie dans la perspective de renforcer le » monde libre « . Il est certain que cette perspective compréhensive, couvre de nombreux intérêts spéciaux plus étroits, ce qui donne à « l’anti-impérialisme » américain son caractère hypocrite et conduit à penser qu’en s’opposant à l’impérialisme des autres nations, l’Amérique développe le sien.
Privés de possibilités impérialistes, l’Allemagne, l’Italie et le Japon, n’ont plus de politique indépendante. Le déclin progressif des Empires français et britannique a fait de ces nations des puissances de second ordre. En même temps, les aspirations nationales des régions moins développées et plus faibles, ne peuvent se réaliser que si elles entrent dans les plans de conquête des impérialismes dominants. Quoique la Russie et les Etats-Unis se partagent la suprématie mondiale, des pays moins importants s’efforcent néanmoins de défendre leurs intérêts spécifiques et d’influencer quelque peu la politique des super-grands. L’opposition et les contradictions internationales de ces deux grands rivaux permettent aussi à des nations nouvellement apparues comme la Chine et l’Inde, un degré d’indépendance qu’elles n’auraient pu atteindre sans cela. Sous le couvert de la neutralité, une petite nation comme la Yougoslavie par exemple peut quitter un bloc de puissances pour retourner à l’autre. Les pays indépendants moins faibles peuvent soutenir leur indépendance, comme on le voit, grâce uniquement au conflit majeur entre la Russie et les Etats-Unis.
L’érosion de l’impérialisme occidental, dit-on, crée un vide du pouvoir dans les régions jusqu’alors subjuguées. Si le vide n’est pas comblé par l’Ouest, il le sera par la Russie. Bien sûr, ni les représentants du » nouveau nationalisme » ni ceux du « vieil impérialisme » ne comprennent cette sorte d’affirmation, puisque le nationalisme se substitue à l’impérialisme, aucun vide ne se produit. Ce qu’il faut entendre par « vide » c’est que « l’auto-détermination nationale » des pays sous-développés les laisse à la merci d’une « agression communiste » intérieure et extérieure, à moins que l’Ouest ne garantisse leur « indépendance ». En d’autres termes, l’auto-détermination nationale n’inclut pas le libre choix de ses alliés, quoiqu’elle implique parfois une préférence à l’égard de la « protection » des puissances occidentales.

« L’indépendance » de la Tunisie et du Maroc, par exemple, est reconnue aussi longtemps que l’indépendance à l’égard de la France implique la loyauté, non envers la Russie, mais envers le Bloc occidental dominé par l’Amérique.

Dans la mesure où elle peut encore exercer dans le monde des deux blocs, l’auto-détermination nationale est une expression de la « guerre froide », une impasse politico-militaire. Mais la tendance du développement n’est pas vers un monde composé de nations nombreuses, chacune indépendante et vivant dans la sécurité, mais vers la désintégration des nations faibles, c’est-à-dire vers leur « intégration » à l’un ou à l’autre bloc. Sans doute, la lutte pour l’émancipation nationale à l’intérieur des rivalités impérialistes permet à certaines contrées d’exploiter la lutte pour le pouvoir entre l’Est et l’Ouest. Mais ce fait lui-même tend à limiter leurs aspirations nationales puisqu’un accord Ou une guerre, entre l’Est et l’Ouest mettrait fin à leurs possibilités de manœuvre entre les deux blocs. Et tandis que la Russie qui n’hésite pas à détruire tout essai de l’auto-détermination nationale réelle dans les pays qui sont sous son contrôle direct, est prête à appuyer toute auto-détermination nationale dirigée contre la domination occidentale, l’Amérique qui réclame l’auto-détermination pour les satellites de la Russie, n’hésite pas à pratiquer dans le Moyen-Orient ce qu’elle abhorre en Europe Orientale. En dépit des révolutions nationales et de l’auto-détermination, l’époque de l’émancipation nationale est pratiquement dépassée. Ces nations peuvent conserver une indépendance formelle ne les libérant pas de la domination économique et politique de l’Ouest. Elles ne peuvent échapper à cette suprématie qu’en acceptant celle de la Russie, en se plaçant à l’intérieur du bloc Oriental.
Les révolutions nationales dans les régions retardées du point de vue capitaliste, sont des essais de modernisation par l’industrialisation, soit qu’elles expriment simplement une opposition au capital étranger, soit qu’elles tendent à changer les rapport sociaux existants. Mais tandis que le nationalisme du XIXème siècle était un instrument de développement du capital privé, le nationalisme du XXème siècle est essentiellement un instrument de développement du capitalisme d’Etat. Et tandis que le nationalisme du siècle dernier, créait le libre marché mondial et le degré d’indépendance économique possible à l’intérieur du capitalisme privé, le nationalisme actuel, porte de nouveaux coups à un marché mondial déjà en voie de désagrégation et détruit ce degré d’intégration internationale « automatique » qu’avait engendré le mécanisme du marché libre.
Derrière les mouvements nationalistes, il y a, bien sûr, la pression de la pauvreté, qui devient de plus en plus explosive à mesure qu’augmente la différence entre nations pauvres et riches. La division internationale du travail telle qu’elle est déterminée par la formation du capital privé implique l’exploitation des contrées les plus pauvres par les plus riches et la concentration du capital dans les pays capitalistes avancés. Le nouveau nationalisme s’oppose à la concentration du capital déterminée par le marché, de manière à assurer l’indutrialisation des pays sous-développés. Dans les conditions actuelles cependant, l’organisation de la production capitaliste sur un plan national augmente sa désorganisation à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, entreprise privée et contrôle gouvernemental opèrent simultanément dans chaque pays capitaliste, et dans le monde entier. De sorte qu’existent côte à côte la concurrence générale la plus âpre, la subordination de la concurrence privée à la concurrence nationale la plus impitoyable, et la subordination de la concurrence nationale aux exigences supranationales de la politique des blocs.
A la base des aspirations nationales et des rivalités impérialistes, se trouve le besoin réel d’une organisation mondiale de la production et de la distribution, au profit de l’humanité dans son ensemble. Premièrement, comme le géologue K. F. Mather l’a fait remarquer, parce que la « terre est faite beaucoup plus pour être occupée par des hommes organisés à l’échelle mondiale, pouvant pratiquer au maximum à travers le monde entier le libre échange des matières premières et des produits finis, que par des hommes qui s’entêtent à élever des barrières entre régions, même si ces régions sont de grands pays ou des continents entiers ». Deuxièmement parce que la production sociale ne peut se développer pleinement, et libérer les hommes du besoin et de la misère que par la coopération internationale, sans égards aux intérêts nationaux particuliers. Le progrès du développement industriel est fondé sur l’interdépendance inévitable. Si elle n’est pas acceptée et utilisée à des fins humaines, une lutte interminable entre nation, pour la domination impérialiste, produira par suite de l’incapacité à réaliser à l’échelle internationale ce qui a été réalisé ou est en voie de l’être sur le plan national : l’élimination partielle ou totale de la compétition capitaliste.
Malgré l’élimination du capital privé ou sa règlementation restrictive, les antagonismes de classe subsistent dans tous les pays, par suite, la nationalisation du capital ayant laissé intacts les rapports de classes, il est impossible d’échapper à la compétition internationale ; la défense d’un pays et sa force croissante signifie en réalité la défense et la reproduction de nouveaux groupes dirigeants. « L’amour de la patrie socialiste » dans les pays communistes, le désir de se faire une place comme on le voit dans les pays de gouvernements à économie « socialiste » et l’auto-détermination nationale, dans les contrées autrefois subjuguées, signifie l’existence et la montée de nouvelles classes dominantes liées à l’existence de l’Etat national.
Alors qu’une attitude positive à l’égard du nationalisme trahit un manque d’intérêt pour le socialisme, la position socialiste sur le nationalisme est manifestement inefficace tout comme les pays qui en oppriment d’autres. Une position anti-nationaliste intransigeante semble, tout au moins indirectement, appuyer l’impérialisme. Cependant, l’impérialisme fonctionne grâce à ses propres ressorts, indépendamment des attitudes socialistes à l’égard du nationalisme. Bien plus, les socialistes n’ont pas pour rôle de fomenter les luttes pour l’autonomie nationale; comme l’ont démontré les mouvements de « libération » qui ont surgi dans le sillage de la seconde guerre mondiale. Contrairement aux espoirs d’autrefois, le nationalisme ne put être utilisé à des fins socialistes et il ne fut pas un bon moyen stratégique pour hâter la fin du capitalisme.
Au contraire, le nationalisme détruisit le socialisme, en l’utilisant à des fins nationalistes.

Ce n’est pas le rôle du socialisme de soutenir le nationalisme, même quand celui-ci combat l’impérialisme. Combattre l’impérialisme sans affaiblir simultanément le nationalisme, ce n’est autre chose que combattre certains impérialistes et en appuyer d’autres, car le nationalisme est nécessairement impérialiste ou illusoire. Appuyer le nationalisme arabe, c’est s’opposer au nationalisme juif ; appuyer ce dernier, c’est lutter contre le premier, car il est impossible de soutenir un nationalisme sans soutenir aussi des rivalités nationales, l’impérialisme et la guerre. Etre un bon nationaliste indien, c’est combattre le Pakistan ; être un vrai pakistanais, c’est détester l’Inde. Ces deux pays récemment « libérés » se préparent à la lutte pour des territoires litigieux et soumettent leur développement à l’action destructive de l’économie de guerre capitaliste.
Et ainsi de suite : « libérer Chypre de la domination anglaise tend seulement à ouvrir une nouvelle bataille pour Chypre entre Grecs et Turcs et ne supprime pas le contrôle occidental sur la Turquie et la Grèce. « Libérer » la Pologne de la domination russe peut mener à une guerre avec l’Allemagne pour la « libération » des provinces allemandes aujourd’hui dominées par la Pologne, puis à de nouvelles luttes polonaises pour les territoires pris par l’Allemagne. Une indépendance réelle de la Tchécoslovaquie rouvrirait certainement la lutte pour la région des Sudètes, lutte qui entraînerait à son tour la lutte pour l’indépendance tchécoslovaque, et peut-être pour celle des Slovaques désireux de se séparer des Tchèques.
Avec qui faut-il être ? Avec les Algériens contre les Français ? Avec les Juifs ? Avec les Arabes ? Avec les deux ? Où les juifs iront-ils pour faire place aux Arabes ? Que feront les réfugiés arabes pour cesser d’être un « mal » pour les Juifs ? Que faire d’un million de colons français menacés d’expropriation et d’expulsion quand la libération algérienne sera accomplie? Des questions semblables se posent partout. ; les Juifs y répondent pour les Juifs, les Arabes pour les Arabes, les Algériens pour les Algériens, les Français pour les Français, les Polonais pour les Polonais, et ainsi de suite, de sorte qu’elles demeurent non résolues et insolubles. Si utopique que puisse paraître la recherche d’une solidarité internationale dans cette mêlée des antagonismes nationaux et impérialistes, aucune autre route ne semble ouverte pour échapper aux luttes fratricides et parvenir à une société mondiale rationnelle.
Bien que les sympathies socialistes soient avec les opprimés, elles visent non les nationalismes qui surgissent doublement mais la condition des opprimés qui affrontent à la fois une classe de dirigeants indigènes et de dirigeants étrangers. Leurs aspirations nationales sont en partie des aspirations « socialistes » puisqu’elles renferment l’espérance illusoire des populations appauvries qui croient qu’elles amélioreront leurs conditions par l’indépendance nationale. L’auto-détermination nationale n’a pas émancipé les classes laborieuses des pays avancés. Elle ne le fera pas non plus maintenant en Asie et en Afrique. Les révolutions nationales, l’algérienne, par exemple, apporteront peu aux classes pauvres, à part le droit de partager plus équitablement les préjugés nationaux.
Sans doute, c’est quelque chose pour les Algériens, qui ont souffert d’un système colonial particulièrement arrogant. Mais on peut prévoir les résultats possibles de l’indépendance algérienne en examinant le cas de la Tunisie et du Maroc, où les rapports sociaux existants n’ont pas changé, et où les conditions d’existence des classes exploitées n’ont pas été notablement améliorées.
A moins d’être un pur mirage, le socialisme renaîtra comme un mouvement international — ou pas du tout — En tous cas, et sur la base de l’expérience passée, ceux qui sont intéressés à la renaissance du socialisme, doivent souligner avant tout son caractère international. Si un socialiste ne peut devenir nationaliste, il n’en est pas moins un anti-colonialiste et un anti-impérialiste. Cependant, sa lutte contre le colonialisme n’implique pas son adhésion au principe d’auto-détermination nationale, mais exprime son désir d’une société socialiste internationale, une société sans exploitation. Si les socialistes ne peuvent s’identifier aux luttes nationales, ils peuvent en tant que socialistes, s’opposer à la fois au nationalisme et à l’impérialisme. Par exemple, le rôle des socialistes français n’est pas de lutter pour l’indépendance algérienne, mais de transformer la France en une société socialiste. Les luttes pour cet objectif aideraient certainement le mouvement de libération en Algérie et n’importe où, mais ce serait là une conséquence secondaire, et non la raison même de la lutte socialiste contre l’impérialisme nationaliste. Au stade suivant, l’Algérie devrait être «dénationalisée » et intégrée à un mode socialiste international.

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Paul Mattick – Rezension von K. Mandelbaum „Sozialdemokratie und Leninismus“ (1975)

MANDELBAUM, Kurt: Sozialdemokratie und Leninismus. Zwei Aufsätze. Mit einer Nachbemerkung von B. Rabehl, W. Spohn und U. Wolter: Historische und politische Voraussetzungen der Kritik Mandelbaums am Sozialdemokratismus und am Leninismus. – Berlin: Rotbuch Verlag 1974. 119 S.

RABEHL, Bernd: Marx und Lenin. Widersprüche einer ideologischen Konstruktion des „Marxismus-Leninismus“. – Berlin: Verlag für das Studium der Arbeiterbewegung 1974. 393 S.

Zwischen der Erstveröffentlichung der Schriften von Mandelbaum und der Arbeit von Rabehl erstreckt sich fast ein halbes Jahrhundert. Das von beiden behandelte Thema hat seine Aktualität behalten, obwohl die Sozialdemokratie sich nicht mehr auf Marx bezieht und der Marxismus-Leninismus sozialdemokratischen Zwecken dient. Abgesehen von der Realisierung des ursprünglichen sozialdemokratischen Programms in den staatskapitalistischen Ländern, nämlich der Verstaatlichung der Produktionsmittel und der Einführung der Planwirtschaft, versteht sich der heutige Marxismus-Leninismus als Reformbewegung, die das einst gesetzte staatskapitalistische Ziel vorläufig zurückgestellt hat; nicht nur um \ die schon existierenden staatskapitalistischen Gebilde vor Erschütterungen zu bewahren, sondern auch um die nächsten Bedürfnisse der kommunistischen Parteibürokraten zu befriedigen. Darin drücken sich nicht nur die begrenzten Möglichkeiten sozialdemokratischer Politik unter den gegebenen nationalen und internationalen Kräfteverhältnissen von Klassen und Nationen aus, sondern auch eine Wandlung des Marxismus-Leninismus selbst, der, sieht man von seiner ideologischen Indienstnahme ab, ebenfalls aufgehört hat, sich auf den Marxismus zu beziehen.

Daß die Sozialdemokratie sehr wenig, wenn überhaupt etwas mit dem Marxismus zu tun hatte, d.h. mit dem Marxismus als revolutionärer Arbeiterbewegung, die sich den Sturz des Kapitals zum Ziel gesetzt hatte, wird von Mandelbaum am Verhältnis der Sozialdemokratie zum Imperialismus nachgewiesen. In vorbildlicher Kürze erzählt er noch einmal die in den reformistischen Revisionismus einmündende Geschichte sozialdemokratischer Entwicklung. War für Marx ein ausgebildeter Kapitalismus die notwendige Voraussetzung des Sozialismus, so war für ihn doch der Klassenkampf — innerhalb der kapitalistischen Entwicklung — die Voraussetzung der revolutionären Umwälzung, der eine Zusammenarbeit von Kapital und Arbeit ausschloß. Für den Revisionismus war es jedoch gerade diese Zusammenarbeit, die das Kapital auf einen Punkt der Entwicklung bringen würde, an dem sich der Umschlag in den Sozialismus ohne revolutionäre Auseinandersetzungen vollziehen konnte. Mit dieser Auffassung ließ sich alles vertreten, der bürgerliche Staat, die nationalen Interessen und die Burgfriedenspolitik.

Wurde die westliche Sozialdemokratie aufgrund ihrer eigenen Entwicklung innerhalb des aufsteigenden Kapitalismus zu einer anti-revolutionären und zuletzt konterrevolutionären Bewegung, so schien die unter ganz anderen Bedingungen aufwachsende russische Sektion den revolutionären Inhalt des Marxismus über den toten Punkt des Reformismus hinauszutragen und mit der russischen Revolution zum Sieg zu verhelfen. Diese angebliche Verwirklichung der sozialistischen Revolution in einem kapitalistisch-rückständigen Land widersprach allerdings der Auffassung von Marx. Nur im Zusammenhang mit einer proletarischen Revolution im kapitalistisch entwickelten Westen ließ sich die Möglichkeit eines Überspringens einer gesellschaftlichen Entwicklungsphase in Rußland in Betracht ziehen. Nach Mandelbaum hat sich diese Auffassung am, Verlauf der russischen Revolution bewahrheitet.

Anhand des Vorworts zum Briefwechsel zwischen Marx, Engels und Danielson, weist Mandelbaum auf die sich auf Rußland beziehenden Diskussionen über den Charakter der erwarteten sozialen Umwälzung hin, d.h. auf den Streit zwischen den Volkstümlern, die eine Entwicklung nach dem Muster des westlichen Kapitalismus ablehnten und auch für unmöglich hielten, und den russischen Marxisten, die auf die kapitalistische Entwicklung Rußlands und damit einer bürgerlichen Revolution bauten. Auch für Lenin bildete die bürgerliche Revolution die nächste Etappe der russischen Entwicklung. Doch nachdem die Staatsmacht von der bolschewistischen Partei erobert war, kam er zu dem Schluß, daß sich die Revolution auf politischem Wege in eine sozialistische verwandeln ließe, und zwar durch eine erreichbare Übereinstimmung bäuerlicher und proletarischer Interessen. Nach Mandelbaum handelte es sich hier um eine zum Scheitern verurteilte modifizierte Neuauflage der Vorstellung der Volkstümler.

Die Rezensenten der Mandelbaumschen Aufsätze bringen diese mit einer sogenannten Etappentheorie in Verbindung, nach der sich die verschiedenen Entwicklungsstufen des Kapitals im Wandel der Arbeiterbewegung widerspiegeln. Sie gehen nur in der dürftigsten Weise auf Mandelbaums Ausführungen ein, um ihre eigenen Positionen desto ausführlicher vorzutragen, die aber auch nicht mehr aussagen, als bei Mandelbaum schon zu finden ist. Sie sehen einen Mangel der Mandelbaumschen Untersuchungen darin, daß sie sich ausschließlich im Gehege der Dogmenkritik bewegen, anstatt sich auf reale Verhältnisse und konkrete Klassenkämpfe zu beziehen. Was dabei herauskommen würde, wäre jedoch auch nicht viel mehr als das, was in den Mandelbaumschen kurzen Zusammenfassungen schon vorhanden ist.

Rabehls Dissertation verfolgt ausführlich die von Mandelbaum angeschnittene Problematik von Leninismus und russischer Revolution im Zusammenhang mit der gegenwärtigen Leninrezeption. Erst nach dem Abschluß der Mandelbaumschen Untersuchungen (1928), stellte sich heraus, wohin die Theorie und Praxis des Bolschewismus tatsächlich führten. Der Stalinismus definierte den Leninismus als „Weiterentwicklung“ des Marxismus und als Erschließung neuer gesellschaftlicher Bewegungsgesetze, wie dem der „ungleichmäßigen Entwicklung kapitalistischer Länder“, auf das sich die Theorie vom „Sozialismus in einem Lande“ zu stützten versuchte. Rabehl befaßt sich mit dieser „Weiterentwicklung“ bzw. „Revision“ der Marxschen Theorie: Nach einer Darstellung der Marxschen Werttheorie und ihrer materiellen Grundlage, weist er auf die historischen Schranken der Wertproduktion hin, d.h. auf die Beendigung der kapitalistischen Produktionsweise durch die proletarische Revolution. Die auf dem Wertgesetz basierende kapitalistische Entwicklung setzt die „ursprüngliche Akkumulation“ voraus, d.h. die gewaltsame Trennung der Produzenten von den Produktionsmitteln und die Entwicklung des gesellschaftlichen Gegensatzes von Lohnarbeit und Kapital. Marx’ allgemeines Gesetz der Kapitalproduktion dient der Erkenntnis der sich konkret entfaltenden kapitalistischen Produktion. Für Marx und Engels schien die kapitalistische Entwicklung Rußlands nur eine Frage der Zeit zu sein, da die in dieser Richtung wirkenden Tendenzen bereits offensichtlich waren. Die Zersetzung der feudalen Zustände und die Einbeziehung Rußlands in den Weltmarkt deuteten auf eine kapitalistische Entwicklung der Landwirtschaft bei gleichzeitig zunehmender Industrialisierung hin; ein Prozeß, dem der Zarismus allerdings noch viele Beschränkungen auferlegte und der eine bürgerliche Revolution herausforderte.

Die revolutionären Bewegungen seit 1905, hatten damit — auch als Bauernbewegungen —, einen bürgerlich-revolutionären Charakter, der vorerst und vornehmlich auf die Herausbildung des Privateigentums abzielte, während die Minorität des industriellen Proletariats bereits den Kampf gegen das Kapital aufgenommen hatte. Die Revolution war damit gleichzeitig eine bürgerliche und eine proletarische Revolution, wobei die letztere jedoch durch die Akzeptierung der bürgerlichen Ansprüche der Bauernrevolution die Realisierung sozialistischer Ziele von vornherein ausschloß. War schon die Aufteilung des Bodens unter die Bauern ein Zugeständnis der Bolschewisten, um überhaupt die Staatsmacht in die Hände zu bekommen und wurde diese bereits damals, z.B. durch Rosa Luxemburg, als eine gegenrevolutionäre Maßnahme gekennzeichnet, so stellte sich bald heraus, daß diese notwendige •Konzession den ganzen Kurs der Revolution bis hin zur Stalinschen „dritten“ Revolution „von oben“ bestimmte. Die sich entfaltende Diktatur der bolschewistischen Partei und die Vernichtung der Sowjets und jeder Art von Arbeiterkontrolle war nicht nur das unleidige Ergebnis des Bürgerkriegs und der wirtschaftlichen Zerrüttung, auf die Rabehl hinweist, sondern ergab sich, auch ohne diese zusätzlichen Einflüsse, aus den Charakter der Revolution selbst. Ein „gemeinsames Interesse“ der Arbeiter und Bauern bestand nur an der Beseitigung der zaristischen Zustände, nicht aber im Hinblick auf die weitere russische Entwicklung. Dieser Interessenunterschied ließ sich nur durch die Diktatur überbrücken, ohne jedoch damit zu verschwinden. Die Diskussionen und Kämpfe innerhalb der bolschewistischen Partei, mit denen sich Rabehl beschäftigt, drehten sich alle um das ungelöste Agrarproblem, das die Revolution hinter ihren Ausgangspunkt zurückzuwerfen drohte und damit ihres „sozialistischen“ Charakters berauben würde. Die „Rechtfertigung“ der russischen als „sozialistische“ Revolution, führte schließlich zur Zwangskollektivierung und der Ausbreitung der schon vollzogenen Diktatur der Partei über die ganze Gesellschaft. Daraus ergab sich ein von marxistischer Seite her unvorhergesehener neuer Typus kapitalistischer Beherrschung, der sich weitgehend vom Konkurrenzkapitalismus unterschied, ohne dem Sozialismus jedoch nur einen Schritt näher zu kommen.

Daß dieser neue Typus kapitalistischer Beherrschung oder, kurz, der Staatskapitalismus, schon in der Marxrezeption Lenins enthalten ist, ist schon daraus zu ersehen, daß für ihn „die Trennung des Produzenten von den Produktionsmitteln und die Aneignung des Produkts seiner Arbeit durch die Industrie- und Dorfkapitalisten unproblematisch blieb“. Abgesehen davon, daß der Primat der Politik im Leninschen Denken dieses schon als außerhalb des traditionellen Marxismus stehend ausweist. Die Fehlinterpretation der Engeischen Aussage, wonach es ohne revolutionäre Theorie keine revolutionäre Praxis gibt, die in Lenins Überzeugung von der führenden Rolle der „Wissenschaft“ und der kleinbürgerlichen Intelligenz zutage tritt, kennzeichnet ihn als bürgerlich-idealistischen Revolutionär, der sich aus moralischer Verpflichtung der Arbeiterbewegung zur Verfügung stellt. Kurzum, Rabehls kompetente Konfrontation der Marxschen Theorie „mit der Leninschen Marxrezeption, mit seiner Analyse des russischen Kapitalismus und der Agrarverhältnisse, mit seiner Taktik und Parteivorstellung, sowie mit seiner Imperialismustheorie und mit seinen Auffassungen über die kommunistische Politik in der Phase der Diktatur des Proletariats führte zu Ergebnissen, die den marxistischen Theoretiker und Realpolitiker Lenin grundsätzlich infrage stellten, zumindest von dem Thron stürzten, Begründer einer ‚neuen’ Wissenschaft zu sein“.

Nichtsdestoweniger wurde unter dem politischen und ideologischen Druck der russischen Verhältnisse „das allgemeine Lehrgebäude des Leninismus verfestigt zu einer Anweisungs-, Interpretations- und Rechtfertigungssoziologie der praktizierenden Politik“. Marx wurde zum Theoretiker eines verflossenen Stadiums des Kapitalismus degradiert und der Leninismus zur Theorie der kapitalistischen Zerfallsperiode erhoben, in der sich neue Gesetzmäßigkeiten bemerkbar machen, die dem Kapitalismus der freien Konkurrenz nicht mehr entsprechen und die Marx nicht beobachten konnte. In Wirklichkeit ist der Leninismus, wie die russische Revolution selbst, ein Ausdruck gesellschaftlicher Widersprüche innerhalb der allgemeinen kapitalistischen Entwicklung, die sich nicht mehr im Rahmen des Konkurrenzkapitalismus bewältigen ließen, aber auch einer sozialistischen Lösung den Weg versperrten. Wohl hat der Privatkapitalismus dem Staatskapitalismus Platz gemacht, ohne jedoch die kapitalistischen Produktionsverhältnisse die kapitalistische Verteilung, und die kapitalistischen Klassenverhältnisse zu beseitigen. So führte die von Rabehl nachgewiesene Leninsche „Gleichsetzung der Vergesellschaftung der Produktion im Rahmen des Staatskapitalismus mit der sozialistischen Form der Vergesellschaftung“ zu einem System, das nur auf marxistischen Wege, durch die proletarische Revolution, zum Sozialismus gelangen kann.

Aus: Internationale wissenschaftliche Korrespondenz zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, 11. Jahrgang, Dez. 1975, Heft 4.

Paul Mattick – Les barricades doivent être retirées – Le fascisme de Moscou en Espagne (1937)

Le 7 mai 1937, la CNT-FAI de Barcelone diffuse l’ordre suivant: « Les barrières doivent être démontées! Les heures de crise sont passées. Le calme doit être rétabli. Mais des rumeurs circulant à travers la ville, qui contredisent le retour à la normalité, nous prenons la parole. Les barricades contribuent à cette confusion. Nous n’avons pas besoin de barricades, dès lors que les combats ont cessé, les barricades ne servent plus à rien maintenant, et leur maintien risquerait de donner l’impression que nous voulons revenir à la situation antérieure – et ce n’est pas vrai, camarades, nous coopérons au rétablissement d’une vie civile complètement normale. Tout ce qui entrave ce retour doit disparaître. »

La vie normale a repris, c’est-à-la terreur des fascistes de Moscou: assassinats et emprisonnements de travailleurs révolutionnaires; désarmement des forces révolutionnaires, censure de leurs journaux, de leurs stations de radio, élimination de toutes les positions précédemment conquises. La contre-révolution a triomphé en Catalogne, là où les dirigeants anarchistes et du POUM nous avaient si souvent assuré qu’on y était déjà en route vers le socialisme. Les forces contre-révolutionnaires du Front populaire ont été embrassées par les dirigeants anarchistes. Les victimes devaient saluer leurs bourreaux. « Quand nous avons tenté de trouver une solution et de rétablir l’ordre à Barcelone », lit-on dans un bulletin de la CNT, « la CNT et la FAI ont été les premières à offrir leur collaboration, ont été les premières à formuler la demande de cesse-le-feu et tenter de calmer Barcelone. Lorsque le gouvernement central a repris le contrôle, la CNT a été parmi les premiers à mettre toutes ses forces sous le contrôle et à disposition du représentant de l’ordre public. Lorsque le gouvernement central a décidé d’envoyer des forces armées à Barcelone, afin de contrôler les forces politiques qui n’obéiraient pas aux pouvoirs publics, la CNT a une fois de plus été celle qui a ordonné à tous les secteurs de faciliter le passage de ces forces, qu’elles puissent arriver à Barcelone et rétablir l’ordre ».

Oui, la CNT a fait le maximum pour aider la contre-révolution de Valence à Barcelone. Les travailleurs emprisonnés peuvent remercier leurs dirigeants anarchistes pour leur incarcération, prélude à un feu d’artifice des fascistes de Moscou. Les corps des travailleurs abattus sont enlevés avec leurs barricades, ils ont été réduits au silence pour que leurs dirigeants puissent continuer à parler. Quelle émotion de la part des néo-bolcheviks: « Moscou a tué des ouvriers révolutionnaires », crient-ils. « Pour la première fois de son histoire, la Troisième Internationale se retrouve de l’autre côté des barricades. Avant cela, elle avait seulement trahi la cause, mais maintenant elle lutte ouvertement contre le communisme ». Et qu’est-ce que ces crieurs indignés attendent de l’État capitaliste en Russie et de sa Légion étrangère? Une aide pour les travailleurs espagnols? Le capitalisme sous toutes ses formes n’a qu’une seule réponse pour les travailleurs qui se sont opposés à l’exploitation: l’assassinat. Un front uni avec les socialistes ou avec les partis «communistes», c’est un front uni avec le capitalisme, qui ne peut être qu’un front uni pour le capitalisme. Tout comme il est inutile de le reprocher à Moscou, ça n’ a pas de sens de critiquer les socialistes: les deux doivent être combattus au bout du compte. Mais désormais, les ouvriers révolutionnaires doivent réaliser que les dirigeants anarchistes eux aussi, ces apparatchiks de la CNT et la FAI, s’opposent aux intérêts des travailleurs, appartiennent au camp ennemi. Unis avec le capitalisme, ils l’ont servi, et là où les phrases étaient impuissantes, la trahison était à l’ordre du jour. Demain, ils pourront tirer contre une révolte des travailleurs comme les bouchers «communistes» de la « caserne Karl Marx » l’ont fait aujourd’hui. La contre-révolution déploie tous ses chemins de Franco à Santillan.

Une fois de plus, comme si souvent auparavant, les travailleurs révolutionnaires déçus dénoncent leurs dirigeants lâches, et cherchent de nouveaux et de meilleurs leaders, pour une meilleure organisation. Les « Amis de Durruti » ont rompu avec les dirigeants corrompus de la CNT et la FAI, afin de rétablir l’anarchisme d’origine, sauvegarder l’idéal, maintenir la tradition révolutionnaire. Ils ont appris quelques petites choses, mais ils n’ont pas appris assez. Les ouvriers du POUM sont profondément déçus de Gorkin, Nin et compagnie. Ces léninistes ne sont pas assez léniniens, et les membres du parti cherchent de meilleurs Lénines. Ils ont appris, mais si peu. La tradition du passé pèse comme une pierre autour du cou. Un changement d’hommes et un renouveau de l’organisation ne suffit pas. Une révolution communiste n’est pas faite par les dirigeants et les organisations, elle est faite par les travailleurs, par la classe. Une fois de plus les travailleurs espèrent des changements dans le «Front populaire», qui pourrait prendre un cours révolutionnaire. Caballero, rejeté par Moscou, pourrait revenir à la direction de l’UGT, dont les membres ont appris et y voient plus clair… Moscou, déçu de ne pas rencontrer l’aide nécessaire des nations démocratiques, pourrait redevenir radicale… Tout cela n’a pas de sens! Les forces du «Front populaire», Caballero et Moscou, sont incapables, même si elles le voulaient, de vaincre le capitalisme en Espagne. Des forces capitalistes ne peuvent pas avoir de politiques socialistes. C’est seulement une autre forme de dictature capitaliste que le fascisme. La lutte doit être contre le capitalisme.

L’attitude actuelle de la CNT n’est pas nouvelle. Il y a quelques mois le président catalan Companys a déclaré que la CNT « n’a pas pensé à compromettre le régime démocratique en Espagne, mais est synonyme de légalité et l’ordre ». Comme toutes les autres organisations antifascistes en Espagne, la CNT, en dépit de sa phraséologie radicale, a limité sa lutte à la guerre contre Franco. Le programme de collectivisation, en partie réalisé comme nécessité de guerre, ne porte pas atteinte aux principes capitalistes ou au capitalisme en tant que tel. Quand la CNT a parlé d’objectif final, elle a suggéré une forme modifiée de capitalisme d’État, dans lequel la bureaucratie syndicale et ses amis philosophiquement anarchistes auraient le pouvoir. Mais cet objectif même n’est que pour un avenir lointain. Pas le moindre pas réel en ce sens n’a été entrepris, la moindre étape vers seulement un vrai système capitaliste d’État aurait signifié la fin du Front populaire, aurait signifié les barricades en Catalogne et une guerre civile dans la guerre civile. Les anarchistes ont expliqué la contradiction entre leur «théorie» et leur «pratique» avec toutes les méthodes des faussaires, disant que «la théorie est une chose et la pratique une autre, » que la seconde n’est jamais aussi facile que la première. La CNT a compris qu’elle avait pas vraiment de plan de reconstruction de la société, elle a réalisé en outre qu’elle n’a pas eu de masses derrière elle en Espagne, seulement une partie des travailleurs dans une partie du pays, elle a pris conscience de sa faiblesse, nationale et internationale, et ses expressions radicales n’ont été conçues que pour dissimuler la faiblesse extrême du mouvement dans les conditions créées par la guerre civile.

Il y a de nombreuses excuses possibles pour la position que les anarchistes ont prise, mais il n’y en a pas pour leur programme de falsification qui a obscurci tout le mouvement syndical et a travaillé au progrès des fascistes de Moscou. Essayer de faire croire que le socialisme est en marche en Catalogne et que cela est possible sans rupture avec le gouvernement du Front populaire, ça signifie renforcer les forces du Front populaire dans leur capacité à dicter leur loi aux travailleurs anarchistes espagnols aussi. L’anarchisme en Espagne a accepté une forme de fascisme, déguisée en mouvement démocratique, pour aider à l’écrasement du fascisme de Franco. Ce n’est pas vrai, comme les anarchiste essaient aujourd’hui de le faire croire à leurs partisans, qu’il n’y avait pas d’autre alternative, et que donc toute critique à l’encontre de la CNT est injustifiée. Les anarchistes auraient pu essayer, après juillet 1936, d’instaurer le pouvoir ouvrier en Catalogne, ils pouvaient aussi essayer d’écraser les forces gouvernementales à Barcelone en mai 1937. Ils auraient pu marcher à la fois contre les fascistes de Franco et les fascistes de Moscou. Très probablement, ils auraient été battus; éventuellement Franco aurait gagné et brisé les anarchistes, ainsi que ses concurrents du «Front populaire». Une intervention capitaliste pouvait aussitôt frapper. Mais il y avait aussi une autre possibilité, quoique moins probable. Les travailleurs français pouvaient pousser plus loin que la grève; une intervention ouverte aurait pu amener à une guerre dans laquelle tous les pouvoirs auraient été impliqués. La lutte se serait menée autour de questions claires, entre capitalisme et communisme. Quelle qu’en fut l’issue, une chose est sûre: l’état chaotique du capitalisme mondial aurait été encore davantage chaotique. Sans catastrophes aucun changement de société n’est possible. Toute attaque réelle contre le système capitaliste peut entraîner une accélération de la la réaction, mais la réaction sera là de toute façon, même si elle est quelque peu retardée. Ce retard coûtera plus de vies de travailleurs que toute tentative prématurée d’écraser le système d’exploitation. Mais une réelle attaque contre le capitalisme aurait pu créer des conditions plus favorables à l’action internationale de la classe ouvrière, ou aurait créé une situation qui aurait aiguisé toutes les contradictions du capitalisme et hâté ainsi le développement historique vers la chute du capitalisme. Au commencement il y a l’action. Mais la CNT, nous dit-on, se sentait trop de responsabilité quant à la vie des travailleurs. Elle voulait éviter d’inutiles effusions de sang. Quel cynisme! Plus d’un million de personnes sont déjà mortes dans la guerre civile. Si faut mourir de toute façon, autant mourir pour une noble cause.

La lutte contre le capitalisme dans son ensemble – lutte que la CNT a voulu éviter – ne peut être évitée. La révolution des travailleurs devra être radicale dès le début, ou sera perdue. Elle requiert l’expropriation complète des classes possédantes, l’élimination de tout pouvoir autre que celui des travailleurs armés, et la lutte contre tous les éléments opposés à un tel cours. En ne faisant pas cela, les Journées de Mai à Barcelone, et l’élimination des éléments révolutionnaires en Espagne, étaient inévitables. La CNT n’a jamais abordé la question de la révolution du point de vue de la classe ouvrière, mais a toujours été d’abord préoccupée par l’organisation. Elle a agi pour les travailleurs et avec l’aide des travailleurs, mais ne s’est pas intéressée à l’auto-initiative et l’auto-action des travailleurs indépendamment des intérêts organisationnels. Ce qui lui importe ici n’est pas la révolution mais la CNT. Et du point de vue de l’intérêt de la CNT, les anarchistes devaient choisir entre le fascisme et le capitalisme, entre la guerre et la paix. De ce point de vue, elle a été contrainte de participer à des politiques capitalistes-nationalistes et a dû dire aux travailleurs de coopérer avec un ennemi dans le but d’en écraser un autre, pour après être écrasés par le premier. Les phrases radicale des anarchistes n’étaient pas faites pour être suivies, elles ne servaient que d’instrument dans le contrôle des travailleurs par l’appareil de la CNT, « sans la CNT », écrivent-ils fièrement, « l’Espagne anti-fasciste serait ingouvernable ». Ils ont voulu que les travailleurs participent à la gestion. Ils ne demandaient que leur part du butin, reconnaissant qu’ils ne pouvaient pas avoir le tout. Comme les «bolcheviks», ils ont identifié leurs propres intérêts et besoins organisationnels à ceux de la classe ouvrière. Si ce qu’ils avaient décidé était bon, il n’était pas nécessaire que les travailleurs y pensent et décident eux-mêmes, car cela aurait fait obstacle à la lutte et créé de la confusion, les travailleurs n’avaient qu’à suivre leurs sauveurs. Pas une seule tentative d’organisation et de consolidation du pouvoir réel de la classe ouvrière. La CNT anarchiste a parlé et a agi bolcheviquement, c’est-à-dire capitalistiquement. Pour gouverner, ou participer au gouvernement, elle devait s’opposer à toutes les auto-initiatives de la part des travailleurs et les ramener dans la légalité et la loi du gouvernement.

Mais il y avait plusieurs organisations dans l’arène, et il n’y a pas convergence des intérêts de toutes ces organisations. Chacune se bat contre toutes les autres pour la suprématie, pour l’encadrement des travailleurs. Le partage du pouvoir par un certain nombre d’organisations ne supprime pas la lutte entre elles. Parfois, toutes les organisations sont obligées de coopérer, mais ce n’est que partie remise. Un groupe doit contrôler. En même temps que les anarchistes travaillaient à «un succès de l’autre», leur position était mise à mal et affaiblie. L’affirmation de la CNT qu’elle ne laisserait pas dicter ses choix par les autres organisations, ni ne travaillerait contre elles, n’était en réalité qu’un moyen de ne pas être attaquée par elles – une reconnaissance de sa propre faiblesse. Être engagée dans une politique capitaliste, avec les alliés du Front populaire, l’a séparé des larges masses, avec le risque de sélectionner son élite parmi les éléments embourgeoisés. Il y a des opportunités. Le fascisme de Moscou est en vogue, même en Catalogne. Pour les masses qui voyaient dans le soutien de Moscou la force nécessaire pour éliminer Franco et la guerre, Moscou et son gouvernement de Front populaire signifiaient un appui international capitaliste. Moscou ayant gagné en influence, les larges masses de l’Espagne sont restées favorables à une continuation de la société d’exploitation. Elles ont été renforcés dans cette attitude par le fait que les anarchistes n’ont rien fait pour clarifier la situation, pour leur montrer que l’aide de Moscou ne signifiait rien de plus qu’une lutte pour un capitalisme convenant à quelques puissances impérialistes, au risque de déplaire à d’autres.

Les anarchistes sont devenus les propagandistes de la variante de Moscou du fascisme, servant ces intérêts capitalistes qui s’opposaient aux plans de Franco en Espagne. La révolution est devenue le terrain de jeu des impérialistes rivaux. Les masses ont dû mourir sans savoir pour qui ni pourquoi. L’affaire a cessé d’être l’affaire des travailleurs. Et maintenant, cela a aussi cessé d’être l’affaire de la CNT. La guerre peut se terminer à tout moment par un accord de compromis entre les puissances impérialistes. Elle peut se conclure par une défaite ou un succès de Franco; Franco peut laisser l’Italie et l’Allemagne pour se tourner vers l’Angleterre et la France; ou ces pays peuvent cesser de s’intéresser à Franco; la situation en Espagne peut évoluer de façon décisive avec la menace de guerre en Extrême-Orient; et il y a encore d’autres possibilités, la plus probable étant la victoire du fascisme de Franco. Mais quoi qu’il arrive, à moins que les travailleurs ne dressent de nouvelles barricades contre les loyalistes aussi, à moins que les travailleurs n’attaquent vraiment le capitalisme, quelque soit le résultat de la lutte en Espagne, il n’aura aucun sens réel pour la classe ouvrière, qui sera encore exploitée et réprimée. Un changement dans la situation militaire en Espagne pourrait contraindre le fascisme de Moscou à reprendre son déguisement révolutionnaire. Mais du point de vue des intérêts des travailleurs espagnols, ainsi que des travailleurs du monde, il n’y a pas de différence entre le fascisme de Franco et le fascisme de Moscou, malgré les différences entre Franco et Moscou. Les barricades, si elles devaient être de nouveau érigées, ne devrait plus être retirées. Le mot d’ordre révolutionnaire pour l’Espagne est le suivant: Contre les fascistes et contre les loyalistes. Quelque puisse être vaine la lutte pour le communisme, en raison de la situation mondiale actuelle, le travailleurs n’ont pas d’autre choix. « Mieux vaut le sens du vain que l’énergie morbide dépensée sur de fausses routes. Nous préserverons notre sens de la vérité, de la raison à tout prix, fut-ce au prix de la vanité ». »

International Communist Correspondence (Chicago, N° 7-8, août 1937).
Traduit de l’anglais par S.J. (Bataille Socialiste)

The Barricades Must Be Torn Down -
Moscow-Fascism in Spain

Paul Mattick – Die „andere“ Arbeiterbewegung von Karl Heinz Roth (1975)

Als Ausdruck kapitalistischer Produktionsverhältnisse ist die Arbeiterbewegung zugleich eine Bewegung von Arbeitern die ihr Klassenbewusstsein innerhalb der kapitalistischen Marktverhältnisse zu entwickeln haben. Die allgemeine Konkurrenz schließt die der Arbeiter untereinander in sich ein. Obwohl die vielen Kapitale das Gesamtkapital bilden, tritt das Kapital nicht als Gesamtkapitalist auf, und obwohl alle Arbeiter die Gesamtarbeit leisten, gibt es keinen Gesamtarbeiter. Aber was immer sich aus der Kapitalkonkurrenz und der Konkurrenz um die Arbeitsplätze ergeben mag, die Reproduktion der kapitalistischen Gesellschaft bleibt stets die Reproduktion kapitalistischer Produktions- oder Klassenverhältnisse, auf denen die Marktverhältnisse beruhen.
Die von der Akkumulation des Kapitals bestimmte kapitalistische Arbeitsteilung bietet nicht nur den verschiedenen Kapitalen, sondern auch unterschiedlichen Gruppen von Arbeitern Gelegenheit, spezielle Interesse innerhalb der gegebenen Klassenverhältnisse durchzusetzen. So ist die Abeiterbewegung eine wohl auf Klassengegensätze beruhende Bewegung, die aber neben dem Klasseninteresse, auch besondere berufliche Interessen vertritt. Das im Rahmen der kapitalistischen Gesellschaft allgemeine proletarische Interesse, wurde von Marx als „Politische Ökonomie – aber vom Stanpunkt der Arbeiter“ bezeichnet, nämlich als dauernder Kampf gegen die kapitalistische Mehrwertsschöpfung. Wie die politische Ökonomie der Bourgeoisie, ist auch die der Arbeiter an die Existenz des Kapitals gebunden. Es geht hier noch um das Mehr oder Weniger der Ausbeutung, nicht um diese selbst. Die Entwicklung des Klassenbewusstseins und der Arbeiterbewegung ließ sich deshalb nur als ein revolutionärer Prozess vorstellen, der mit der Lohnarbeit zuletzt die Klassenscheidung der Gesellschaft beseitigen würde.
Diese Erwartung wurde bisher jedoch enttäuscht. Die Wahrnehmung direkter spezieller Interessen innerhalb der kapitalistischen Produktionsverhältnisse erschien den Arbeitern weit wichtiger als deren revolutionäre Beseitigung, die sich nur auf eine ungewisse Zukunft beziehen ließ. Da sich herausbildende Klassenbewusstsein wurde nicht zum revolutionären Klassenbewusstsein. Die so enttäuschten Erwartungen verlangten nach einer Erklärung. Sie mussten Friedrich Engels, dem Verfasser des Buches „Die Lage der arbeitenden Klasse in England“ besonders betroffen haben. Aus der von ihm beschriebenen verelendeten Arbeiterklasse, an die sich revolutionäre Hoffnungen knüpfen ließen, war in wenigen Jahrzehnten eine jede revolutionäre Bewegung ablehnende Arbeiterklasse geworden, die sich innerhalb der gegebenen Verhältnisse zu Hause fühlte. Die Erklärung, die Engels fand, war nicht, wie eigentlich hatte erwartet werden können, die zunehmende Produktivität und damit Ausbeutung der englischen Arbeiter, die eine gleichzeitige Erhöhung der Löhne und Profite erlaubte, sondern die Korrumpierung der Arbeiter durch ihre willige Teilnahme an der vom englischen Kapital praktizierten imperialistischen Ausbeutung der Welt. Diese Idee wurde später von Lenin aufgegriffen, um seiner eigenen Enttäuschung über das Verhalten der Arbeiter Ausdruck zu geben. Der imperialistische Kapitalismus hätte eine revolutionären Vorstellungen nicht mehr zugängliche Arbeiteraristokratie herausgebildet, die für den „Verrat“ der Zweiten Internationale mitverantwortlich war.
Solche Erklärungen bezogen sich noch auf die Arbeiter im allgemeinem oder auf privilegierte Schichten der Arbeiterklasse, nicht auf die arbeitsteilige Unterscheidung zwischen gelernten, angelernten und ungelernten Berufen. Obwohl die Lebens- und Arbeitsbedingungen der verschiedentlich qualifizierten Arbeiter unterschiedlich waren, waren diese Unterschiede doch zu gering, um zu der Annahme zu verleiten, dass reine Berufsinteressen das Klassenbewusstsein beeinträchtigen könnten. Im Gegenteil, es wurde angenommen, dass die gewerkschaftlichen Kämpfe der Arbeiter ihr Klassenbewusstsein wecken und entwickeln würden. Auch der Reformismus der Arbeiterbewegung bezog sich nicht auf eine besondere berufliche Gruppe von Arbeitern, sondern auf die allgemein um sich greifende Illusion, dass sich die Lage der arbeitenden Klasse innerhalb des Kapitalismus progressiv verbessern ließe; eine Illusion, die von der tatsächlichen Entwicklung begünstigt wurde. Erst in jüngster Zeit wird versucht, die Veränderungen der Arbeiterbewegung nicht mehr aus der allgemeinen Entwicklung des Kapitals zu verstehen, sondern aus der sich verändernden Technik der Produktionsprozesses, die angeblich eine „andere“ als die bisher bekannte Arbeiterbewegung mit sich brächten.
Das Buch von Roth und Behrens ist dieser „anderen“ Arbeiterbewegung gewidmet. Die von ihnen (und anderen) vertreten ist sehr einfach: Die moderne kapitalistische Technik räumt mit den Facharbeitern auf, um sie mit billigeren, ungelernten Arbeitskräften zu ersetzen, wie z.B. in der Fließbandproduktion. Diese un- oder schnell angelernten Arbeiter sind durch die Automatisierung der Produktionsprozesse allgemein austauschbar und können mit den Begriffen „Gesamtarbeiter“ oder „Massenarbeiter“ umrissen werden. Im Gegensatz zu den aussterbenden Facharbeitern haben die „Massenarbeiter“ keinerlei Beziehung zur Produktion; sie sind der Arbeit total „entfremdet“ und sehen sich als reines Anhängsel der Maschinerie, die ihre Lebensweise diktatorisch bestimmt. Anders als die mit Berufsstolz erfüllten Facharbeiter befinden sich die „Massenarbeiter“ aufgrund ihrer entmenschten Stellung im Produktionsprozess in totaler Opposition zur kapitalistischen Gesellschaft. Es sind die „Massenarbeiter“, die mit der alten, an die Facharbeiter gebundenen Arbeiterbewegung radikal brechen werden, um sich aus ihrer eigenen Situation heraus adäquate Aktions- und Organisationsformen zu schaffen.
Die These stützt sich auf die in den letzten Jahren und vornehmlich in Italien besonders ausgeprägte Streikbereitschaft der Fließbandarbeiter und deren Bemühungen, mit Hilfe autonomer Aktionsausschüsse die wirtschaftlichen Kämpfe über die von den Gewerkschaften bevorzugten engen legalen Grenze hinaus auszudehnen. Diese bemerkenswerten, wenn auch lokalen Vorgänge werden von Roth und Behrens nicht nur für Vorboten kommender Dinge gehalten, sondern auch benutzt, um das Versagen der ganzen bisherigen Arbeiterbewegung aus ihrer Bevormundung durch die Facharbeiter zu erklären. Auch in der Vergangenheit seien es nur die un- oder angelernten Arbeiter, wie z.B. die Bergarbeiter und die Werftarbeiter gewesen, die einen wirklich klassenbewussten Kampf gegen das Kapital führten, während die Facharbeiter die „tragenden Säule“ der reformistischen Sozialdemokratie und der klassenversöhnlerischen Gewerkschaften bildeten.
Die Autoren können natürlich nicht ableugnen, dass die Facharbeiter ihre Verbände im Kampf gegen das Kapital aufgebaut haben. Aber sie bestehen darauf, dass diese Minorität innerhalb der Gesamtarbeiterschaft es aufgrund ihrer besonderen Stellung in der Produktion verstanden habe, die Arbeiterbewegung als Ganzes zu beherrschen. Das revolutionäre Versagen der Arbeiterklasse fände hier seine wesentliche Ursache. Was die bisherige Geschichte an revolutionären Ereignisse aufzuweisen habe, sei stets das Werk der „rechtlosen Pariaschicht des Gesamtarbeiters“ gewesen: wenn auch nicht der heutigen, multinationalen Fließbandarbeiter, so doch der jedem Fachdünkel fremd gegenüberstehenden ungelernten Arbeiter, deren Kampf stets auf mehr zielte, as das rein gewerkschaftliche Interesse an hohen Löhnen und besseren Arbeitsbedingungen. „Die Revolutionssoldaten der Roten Ruhrarmee“ hätten, in der Sicht der Autoren, „nichts mit den Arbeitsstolzen und auf den Staat der Arbeit fixierten Facharbeitern gemeinsam gehabt“, wie auch die „Stoßtrupps der ungelernten Arbeiter“ nichts mit den begrenzten, nur auf die Fabrikautonomie abzielenden Räteinitiative der „Facharbeiteravantgarden“ etwas zu tun gehabt hätten.
Man müsse so von „zwei nebeneinander existierenden Strömungen des Arbeiterkampfes“ sprechen, nämlich von dem von der traditionellen Arbeiterbewegung geführten, und von einem Kampf, der sich außerhalb der und gegen die beschränkten Interessen der offiziellen Arbeiterbewegung vollzog und vollzieht. Damit richtet sich der Kampf gegen das Kapital gleichzeitig gegen die alte Arbeiterbewegung, um die „andere“ Arbeiterbewegung zur ausschlaggebenden zu machen. Und dies um so mehr, da die „unternehmerisch-gewerkschaftliche Gegenoffensive“ gegen die Massenarbeiter durch eine „bewusst inszenierte Klassenspaltung“ bereits eingesetzt hat. So ist „seit 1970 ein fast hundertjähriger Prozess des Arbeiterkampfs abgeschlossen mit dem Ergebnis, dass die traditionellen Arbeiterorganisationen unwiderruflich und mit demonstrativer Offenheit auf der anderen Seite der Barrikade stehen“.
Das ist wohl kaum eine Neuigkeit, wenn es auch unverständlich bleibt, wie man bei Abwesenheit der Barrikaden auf deren anderer Seite stehen kann. Die Klassenkämpfe der letzten Jahre, die zahllosen legalen und wilden Streiks, wurden nicht nur von „Massenarbeiter“ unternommen, sondern von Arbeitern aller Berufe, einschließlich der Facharbeiter, von privaten und staatlichen Angestellten, bis hin zu den Postbeamten und der Polizei. Dass diese Streiks in den meisten Fällen unter gewerkschaftlicher Kontrolle blieben, oder, wo sie dieser entwichen, wieder zu ihr zurückführten, hat nichts mit den Facharbeitern oder Fließbandarbeitern zu tun, sondern mit der einfachen Tatsache, dass es sich um gewerkschaftliche Kämpfe handelte, nicht um Kämpfe gegen das kapitalistische System selbst.
Auch die „Massenarbeiter“ haben bisher den gewerkschaftlichen Charakter ihrer Aktion nicht durchbrochen und haben sich, wo sie seit langem existieren, Industrieverbände geschaffen, die nicht weniger mit dem kapitalistischen System verwachsen sind als die traditionellen Arbeiterorganisationen. Man braucht nur an die großen Industrieverbände der amerikanischen Massenproduktion zu denken, um sofort einzusehen, dass die von Roth und Behrens an den „Massenarbeiters“ geknüpften Erwartungen genau illusionistisch sind wie die, die sich einst auf die Facharbeiter bezogen. Aber Roth und Behrens erwarten mehr, nämlich die Auflösung und Zerstörung der gesamten Arbeiterbewegung, wie sie bisher verstanden wurde, und die Herausbildung „ganz neuer Kampfformen“, mit denen der unorganisierte oder sich gegen die Arbeiterorganisation auflehnende „Massenarbeiter“ sich Geltung verschafft.
Über diese „neue Kampfformen“ wird allerdings herzlich wenig gesagt, und was gesagt wird, wie z.B. über die Fabrikbesetzungen als Streikmittel, bezieht sich mit nicht nur auf die „Massenarbeiter“, sondern auf Aktionen der verschiedensten Arbeiterkategorien. Sonst wird nur verwiesen auf Formen des Arbeiterkampfes unter faschistischen Bedingungen, die sich als Verweigerung geforderter Leistungen („krankfeiern“, „blaumachen“) und stille Sabotage herausstellen. Es soll der Eindruck entstehen, dass die Arbeiter unter allen Umständen und ohne das Dazwischentreten offizieller Arbeiterorganisationen nicht nur Widerstand leisten, sondern ihren Kampf effektiver führen, als dies unter der alten Gewerkschaftskontrolle möglich war. So versteigen sich Roth und Behrens zu der unsinnigen Behauptung, dass das NS-Regime durch die in ihm geführten Arbeiterkämpfe in eine reale Krise getrieben wurde, die nur durch die Auflösung des Krieges überwunden werden könnte. Der Blitzkrieg wird von ihnen für ein „Instrument für die Neuzusammensetzung der Arbeiterklasse“ gehalten, nämlich durch die Rekrutierung ausländischer Zwangsarbeiter, mit deren Hilfe der revolutionäre Wille der deutschen Arbeiter gebrochen werden sollte. Tatsachen werden auf diese Art mit Gewalt und gegen alle Logik bis zur totalen Unkenntlichkeit zurechtgestutzt, um sie der vorgefassten These anzupassen. Es gibt fast keinen von ihnen gebrachten Nachweis, der sich nicht als verfälschte Interpretation der herangezogenen Tatsachen herausstellt. Und wo die Nachweise nicht von ihnen stammen, beziehen sie sich auf die propagandistischen Falschmeldungen der in Paris, Prag oder Basel amtierenden Exilbürokratie der abgewirtschafteten Arbeiterbewegung.
Ist das Buch selbst ein unleidliches Machwerk, so ist das von ihm angeschnittene Problem für die Arbeiterklasse doch von größter Wichtigkeit. Dass die traditionelle Arbeiterbewegung nicht nur zur revolutionären Bewegung wurde, ist seit 1914 jedem offensichtlich. Dass sie in stets reaktionärer werdenden Formen weiter besteht, lässt sich jedoch nicht auf ihre Beherrschung durch die Facharbeiter zurückführen, sondern auf die unerwartete Machtentfaltung und Stärke des Kapitals. Nicht zur Revolution fähig, versuchten die Arbeiter, sich so gut wie möglich innerhalb des Kapitalismus einzurichten. Zu diesem Zweck war die traditionelle Arbeiterbewegung das geeignete Instrument, das auch dann noch wirksam blieb, als die Organisation der Kontrolle der Arbeiter entglitten und in die Hände eigenmächtiger Bürokratien fielen. Nicht die Arbeiter selbst, sondern ihre „Vertretungen“ in Gewerkschaft und Parlament und selbst in den „revolutionären“ Parteien bestimmten nun die Theorie und Praxis der Arbeiterbewegung und damit das Verhalten der Abeiterklasse. Da diese Art von Arbeiterbewegung nur auf dem Boden kapitalistischer Produktionsverhältnisse bestehen kann, wurde sie zwangläufig zu einer Stütze der kapitalistischen Gesellschaft. Ihre eigene Existenz war an die Erhaltung des Kapitals gebunden, obwohl sie innerhalb der Marktverhältnisse die Interessen ihrer Mitglieder zu wahren hatte, um als Arbeiterbewegung bestehen zu bleiben.
In Zeiten, die die Existenz des Kapitals in Frage stellen, d.h. in Krisen- oder revolutionären Situationen, stellen sich die kapitalistisch integrierten Arbeiterorganisationen schon aus reinen Selbsterhaltungsgründen auf die Seite des Kapitals. Eine sozialistische Gesellschaft hat weder Raum für Parteien noch für Gewerkschaften. Aber damit ist jeder revolutionäre Kampf, der sich den Sozialismus zum Ziel setzt, notwendigerweise auch Kampf gegen die alten Arbeiterorganisationen. Der Kampf geht um die gleichzeitige Abschaffung der Markt- und Produktionsverhältnisse, und damit auch um die Aufhebung der durch die kapitalistische Arbeitsteilung hervorgebrachten Differenzen in der Arbeiterklasse.
Aber dieser Kampf steht noch nicht auf der Tagesordnung. In der bestehenden Krisensituation bleibt es, wie in allen vergangenen, die Aufgabe der offiziellen Arbeiterorganisationen, dem Kapital aus der Krise herauszuhelfen, was sich nur auch Kosten der Arbeiter vollziehen lässt: Sie vertreten nun die Arbeiter, indem die ihre nächsten Interessen verletzen. Unter solchen Umständen ist es mehr als wahrscheinlich, dass die Arbeiter au Aktionsformen greifen werden, die mit den gewohnten gewerkschaftlichen Methoden unvereinbar sind, und sich über ihre eigenen Organisationen hinwegsetzen, um auf dem Wege adäquaterer Organisationen ihre Interesse wahrzunehmen. Und da die „Massenarbeiter“, auf die sich Roth und Behrens berufen, die am meisten ausgebeutete Gruppe von Arbeitern sind, kann ebenfalls erwartet werden, dass sie an der Spitze der kommenden Klassenauseinandersetzungen zu finden sein werden.
Es ist jedoch falsch anzunehmen, dass die nächste Zukunft der Klassenkämpfe im Zeichen der „Massearbeiter“ stehen wird. Die Entwicklung läuft in anderer Richtung. Die Produktivität der Arbeit hat einen Punkt erreicht, an dem die tatsächlich in der Produktion tätigen Arbeiter eine Minorität der Gesamtarbeiterschaft bilden, während die in der Zirkulation und anderweitig tätigen Arbeiter zur Mehrheit werden. Aber die außerhalb der direkten Produktion stehenden Arbeiter gehören auch zur Arbeiterklasse. Die mit der Krise verbundene Verelendung trifft alle Arbeiter und zwingt sie zur Abwehr. Die Klassenscheidung ist von den Produktionsverhältnissen bestimmt, nicht von der sich wandelnden Technik und der von ihr bestimmten Arbeitsteilung. Nicht dem „Massenarbeiter“, sondern der Arbeiterklasse gehört die Zukunft, wenn es eine solche geben wird.

(in: Jahrbuch Arbeiterbewegung – Theorie und Geschichte III, 1975, S. 340-344)