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Michael Seidman – « Ouvriers contre le travail ». Barcelone et Paris pendant les fronts populaires (Introduction)

Ouvriers contre le travail – Barcelone et Paris pendant les fronts populaires
Michael Seidman. Traduit de l’anglais (États-Unis).
ISBN 978-2-9516460-7-0
Mai 2010
368 p.
15 €

Préface

L’histoire politique et sociale comparée de la révolution espagnole à Barcelone et du Front populaire à Paris cherche à montrer la puissance des idéologies révolutionnaires en Espagne, un pays où la bourgeoisie était faible, et leur déclin en France, une nation où les capitalistes avaient développé des industries modernes. Elle interroge la façon dont les ouvriers de Paris et Barcelone ont travaillé durant les Fronts populaires, lorsque les organisations qui prétendaient représenter la classe ouvrière détenaient divers degrés de pouvoir. Les modèles d’action ouvrière (et d’inaction) conduisent cette étude à remettre en cause les paradigmes dominants dans l’historiographie angloaméricaine.

Le livre a commencé comme un essai universitaire supervisé par le professeur Arthur Mitzman de l’université d’Amsterdam ; l’ouvrage a bénéficié de recherches exhaustives à Paris, Barcelone et Salamanque au début des années 1980. À Paris, j’ai été aidé par des amis et des universitaires. Je dois beaucoup à Sylviane Lavergne, Véronique et Jean-Pierre Bachimont, Arthur Marchadier, Louis Chevalier, et Michelle Perrot. À Barcelone, Joaquin Sirera et Horacio Capel m’ont apporté savoir et confort. Stanley Payne m’a aiguillé vers les archives de la Guerre civile à Salamanque, incroyablement riches mais désorganisées, et Raymond Carr m’a fourni des encouragements bienvenus. Le manuscrit a aussi bénéficié des critiques et suggestions de Traian Stoianovich, John Gillis, Victoria de Grazia, Allen Howard, et Mark Wasserman. Les commentaires de Robert Seidman ont permis d’angliciser des mots français et hispaniques.

Michael Seidman

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Michael Seidman – Zur Aversion der Arbeiter gegen die Arbeit in der Spanischen Revolution 1936-1938 (2001)

Michael Seidman, „Zur Aversion der Arbeiter gegen die Arbeit in der Spanischen Revolution 1936-1938″, Tranvía, Nr. 61, Juni 2001.

(ist mir leider nicht zur Hand)

Michael Seidman – Pour une histoire de la résistance ouvrière au travail. Paris et Barcelone pendant le Front populaire français et la Révolution espagnole, 1936-1938 (2001)

Contribution au débat sur le refus du travail. Une brochure d’Echanges et Mouvement publiée en 2001.

Introduction

L’étude de la rés­ist­ance ouvrière au tra­vail – l’absenté­isme, les retards, les simu­la­tions de mala­die, les vols, le sabo­tage, les ralen­tis­se­ments du tra­vail, l’indis­ci­pline et l’indiffér­ence – permet de mieux com­pren­dre deux évé­nements poli­ti­ques contem­po­rains : la révo­lution espa­gnole et le Front popu­laire français. Un examen atten­tif de la rés­ist­ance au tra­vail dans les usines de Paris et de Barcelone sous les gou­ver­ne­ments de Front popu­laire en France et tout au long de la révo­lution en Espagne fait appa­raître dans la vie de la classe ouvrière des cons­tan­tes essen­tiel­les. L’absenté­isme, l’indis­ci­pline, et autres mani­fes­ta­tions d’une aver­sion pour le tra­vail préex­istaient à la vic­toire du Front popu­laire en France et à l’écla­tement de la guerre et de la révo­lution en Espagne, mais il est intér­essant de noter que cette rés­ist­ance per­sista après la prise du pou­voir poli­ti­que et, à des niveaux différents, du pou­voir éco­no­mique, dans ces deux pays, par les partis et les syn­di­cats qui prét­endaient représ­enter la classe ouvrière. En effet, tant dans la situa­tion révo­luti­onn­aire que dans la situa­tion réf­orm­iste, les partis et syn­di­cats de gauche furent contraints de faire face à d’innom­bra­bles refus des ouvriers à tra­vailler. (mehr…)

Michael Seidman – L’individualisme subversif des femmes à Barcelone, années 1930 (1992)

Quand la révo­lution a éclaté à Barcelone en juillet 1936, les révo­luti­onn­aires ont eu besoin de toute l’aide et de l’appui qu’ils pour­raient obte­nir, aussi bien des tra­vailleurs que des tra­vailleu­ses qu’ils prét­endaient représ­enter. À la radio et dans d’autres médias, les partis et syn­di­cats ont fait des appels pour obte­nir l’appui des femmes dans la lutte contre les natio­na­lis­tes de Droite. Nous savons que les femmes les plus célèbres de la pér­iode – la com­mu­niste, La Pasionaria, et l’anar­cho-syn­di­ca­liste, Federica Montseny – ont tra­vaillé de manière ardente et appa­rem­ment inlas­sa­ble pour la vic­toire de la Gauche. Nous connais­sons éga­lement bien les contri­bu­tions des mili­tan­tes des Mujeres Libres et d’autres orga­ni­sa­tions. Cependant, l’his­toire de beau­coup d’autres femmes prolét­aires est moins bien connue, et pres­que invi­si­ble. Une étude cen­trée sur elles change l’accent tra­di­tion­nel­le­ment mis sur la mili­tance col­lec­tive dans la révo­lution espa­gnole. La plu­part d’entre elles ont agi de manière ambi­va­lente envers la cause et les révo­luti­onn­aires ont été forcés d’affron­ter l’indi­vi­dua­lisme des femmes, qui se sont iden­ti­fiées seu­le­ment de manière mar­gi­nale avec le projet social col­lec­tif de la Gauche. Peut-être même plus que leurs homo­lo­gues mas­cu­lins, ces femmes ont refusé de se sacri­fier pour le bien de la lutte et ont déf­endu leurs besoins per­son­nels, pas ceux de la répub­lique ou la révo­lution. (mehr…)

Michael Seidman – « Ouvriers contre le travail ». Barcelone et Paris pendant les fronts populaires (2010)

Traduction française : « Ouvriers contre le travail ». Barcelone et Paris pendant les fronts populaires. Par Michael Seidman. Traduit de l’anglais (États-Unis). Mai 2010. 368 p.

Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du xxe siècle. Au moment des Fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l’absentéisme, le coulage de cadence, le vol, la grève, etc.

Au moment où s’est posée la question du contrôle ouvrier – révolutionnaire ou réformiste – du procès de production, les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance : « La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les Fronts populaires, les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d’y travailler moins. On peut supposer que la façon d’éliminer la résistance n’est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l’abolition du travail salarié lui-même. »

Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la contradiction interne des mouvements de Front populaire, qu’ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L’impossibilité d’un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C’est la faillite d’un programme.