Archiv der Kategorie 'Guy Debord'

Section américaine de l’Internationale situationniste – Post Mortem Ante Facto

Section américaine de l’Internationale situationniste

Internationale situationniste

Numéro un et unique

Précédé de

Adresse aux élèves des écoles publiques de New-York

Post Mortem Ante Facto

La revue de la section américaine de l’Internationale situationniste, le groupe qui a le mieux exprimé le contenu authentique de la révolution de mai 68, est le premier ouvrage publié par le CMDE dans la collection Les Réveilleurs de la nuit.

La section américaine de l’Internationale situationniste, composée de Robert Chasse, Bruce Elwell, Jonathan Horelick et Tony Verlaan, a vu le jour à la fin de l’année 1968.

Les écrits que nous publions ici sont tous inédits en français, et épuisés de longue date en langue anglaise. Le premier de ces documents, Adresse aux élèves des écoles publiques de New-York est un comics détourné, dans la veine inaugurée par les situationnistes. Le second, Post Mortem Ante Facto , une affiche conçue à l’occasion de l’investiture de Nixon, est une critique, aux accents swiftiens, du spectacle de la politique électorale. Le troisième, le numéro unique de la revue de la section américaine est divisé en cinq sections. Visages de la récupération démontre qu’une bonne appréciation des ouvrages des Grandes Têtes Molles de l’intelligentsia américaine, de Marcuse, le docteur en spéculation, à l’escroc McLuhan, est supérieure à ces ouvrages eux-mêmes. Quelques considérations extraordinaires sur la dégénérescence du capitalisme et la bureaucratisation de l’existence , signé Robert Chasse, expose sous forme de thèses une critique prolétarienne de la bureaucratie et de son projet de pacification de l’existence. L’Aménagement du territoire (traduction du septième chapitre de La Société du spectacle de Guy Debord) et Le contrôle de la population illustrent comment le capitalisme moderne, la société bureaucratique de la consommation, tend à modeler tous les aspects de la vie par les méthodes de l’urbanisme comme de la génétique. La Pratique de la théorie expose l’activité de la section américaine (la diffusion des textes situationnistes aux États-Unis, l’accueil réservé à La Société du spectacle de Guy Debord et au Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, le jeu des situationnistes en mai 68), brosse un portrait de « Cohn-Bendit comme représentation » et formule quelques critiques ad hominem à l’encontre de figures du gauchisme américain dans toutes ses variantes.

Une préface, écrite par le traducteur, retrace l’histoire de la section américaine, en s’appuyant parfois sur des informations inédites, et rappelle les conditions historiques troublées dans lesquelles ses membres déployèrent leur activité séditieuse.

En ce temps de jongleries relatives et de contorsions contingentes, voici des auteurs qu’on ne pourra pas se permettre de supporter, dans la pâte molle du faux intérêt éclectique, comme des Badiou, des Negri, des Zizek. La section américaine de l’Internationale situationniste a su montrer comment l’opposition à l’ordre existant est falsifiée mais aussi redécouverte. À l’heure où apparaît aux États-Unis un vaste mouvement des occupations, dont certains participants s’inspirent ouvertement des situationnistes, on lira attentivement ces écrits. Ils témoignent de ce que fut l’aventure situationniste en Amérique.

Bon de souscription

http://editionscmde.org/

contact@editionscmde.org

Note de l’éditeur pour Tuer n’est pas assassiner de Edward Sexby (par Guy Debord)

NOTE DE L’ÉDITEUR

Le pamphlet de Sexby est l’un des écrits les plus fameux qu’ait produit la révolution anglaise, entre 1640 et 1660. Il est, après les œuvres de Machiavel, La Boétie et quelques autres, un classique dans la critique de la domination. Son originalité réside d’abord dans le fait qu’il est explicitement dirigé, au contraire des précédents, contre un tyran nommément désigné, qu’il incite vivement à mettre à mort au plus tôt par n’importe quel moyen ; et, d’autre part, dans le fait que ce tyran particulier est le prototype de la principale série du chef d’État moderne illégitime, du récupérateur qui a établi son pouvoir en réprimant une révolution sociale dont il avait d’abord saisi la direction : en ce sens, le bref règne de Cromwell préfigure à la fois ceux de Robespierre ou Lénine et ceux de leurs successeurs perpétuellement mal assurés, Bonaparte aussi bien que Staline et ses fils.
Killing no murder, imprimé en 1657 dans les Pays-Bas, mêle les plus sûres analyses de Machiavel (imputées d’ailleurs habilement, et non sans motif, à l’ennemi à abattre, comme seuls guides de sa conduite) à ce langage biblique qui caractérisa la révolution bourgeoise d’Angleterre, comme plus tard le style des « Romains ressuscités » devait être la signature de la grande Révolution française. Le ton de ce pamphlet est à l’origine de tout un courant de la littérature anglaise ultérieure, le seul dont on ne rencontre pas d’équivalent à l’étranger, celui qui va de Swift à Junius, et sans doute aussi, ramené à un exercice de l’humour esthétique, au Thomas de Quincey de L’Assassinat considéré comme un des beaux-arts. Sexby fut traduit en français, dès 1658, par Carpentier de Marigny, un Frondeur de la bande du cardinal de Retz; lequel se trouvait alors lui aussi en exil, après son évasion de la prison de Nantes, et jugeait expédient d’appliquer à Mazarin le raisonnement qui condamnait Cromwell. On a réimprimé en France Tuer n’est pas assassiner à partir de 1793, et encore en 1804, où la police de Bonaparte le fit vite saisir. Le texte a depuis été recueilli deux fois, sans être saisi, dans les ouvrages de Charles Détré (Les Apologistes du Crime, Paris, 1901) et d’Olivier Lutaud (Des Révolutions d’Angleterre à la Révolution française, La Haye, 1973).
On peut certes dire qu’un livre qui traite du rapport naturel du citoyen et du tyran a beaucoup perdu de son actualité avec les récents progrès de la société mondiale, du fait de la disparition presque totale du citoyen. Mais il est aussi permis de penser qu’il compense cette perte, et au-delà, du fait de la prolifération cancéreuse de la tyrannie : cette tyrannie d’aujourd’hui, si insolemment surdéveloppée qu’elle peut même assez souvent se faire reconnaître le titre de Protecteur de la liberté ; si minutieusement impersonnelle, et qui s’incarne si aisément dans la personne d’une seule vedette du pouvoir ; cette tyrannie qui choisit à la fois comment ses sujets devront se soigner et pourquoi ils seront malades ; qui fixe le triste modèle de leur habitat et le degré exact de la température qui devra y régner ; l’apparence et le goût qui devront plaire dans un fruit, et la dose convenable de chimie qu’il lui faudra contenir ; et qui enfin s’est donné la puissance de défier une vérité aussi éclatante que le soleil lui-même, et le témoignage de vos pauvres yeux, en vous faisant admettre qu’il est bel et bien midi à dix heures du matin.
Le colonel Sexby fut officier dans l’armée que le Parlement d’Angleterre leva pour la guerre civile contre le roi. Lorsque le peuple, l’armée révolutionnaire et le commandement s’affrontèrent sur ce qu’allait être le résultat social de leur victoire, Sexby fut du parti des « Niveleurs », qui mettait en cause la propriété existante, en exigeant pour tout Anglais le droit de s’auto-gouverner. Au « Débat de l’Armée », tenu à Putney en octobre-novembre 1647, en tant que délégué d’un régiment, il fut de ceux qui s’opposèrent le plus violemment à Cromwell : « Il y a beaucoup de gens sans propriétés qui, honnêtement, ont autant de droit à disposer de cette franchise du choix que tous ceux qui ont de grandes propriétés. Franchement, Monsieur, à vous qui voulez remettre à plus tard cette question et en venir à une autre, je me permets de dire — et j’en appelle à tous — qu’aucune autre question ne peut être réglée avant celle-là : car c’est sur cette base que nous prîmes les armes, et c’est cette base que nous maintiendrons. Venons-en à ces déchirures, à ces divisions qu’ainsi je provoquerais : oui, en tant qu’individu isolé, si tel était le cas, je pourrais me coucher à terre pour qu’on m’y foule aux pieds ; mais la vérité c’est que je suis envoyé par un régiment… » Après la défaite finale des Niveleurs, survenue deux ans plus tard, il passa en France, comme agent de la République anglaise, pour agir dans les troubles de la Fronde, et tenter de les radicaliser. Inspirateur de la fraction républicaine extrémiste de « L’Ormée », à Bordeaux, en 1652-1653, il outrepassa certainement ses instructions en faisant adopter aux Orrnistes la plate-forme des Niveleurs. La. Fronde vaincue, et Cromwell étant devenu Lord Protecteur d’une République de la grande bourgeoisie marchande, Sexby reprit, de l’exil, sa lutte contre lui. En 1657, lié au complot de Sindercombe, il publia, sous le pseudonyme de William Allen, Killing no murder. Rentré clandestinement en Angleterre pour joindre la pratique à la théorie, il fut arrêté par l’efficace police de Cromwell, qui saisit avec lui une partie du tirage de son pamphlet. Emprisonné à la Tour de Londres, il y mourut la même année, dans des conditions restées très obscures. Les autorités prétendirent alors, comme elles le font aujourd’hui en Russie, qu’il était mort fou. D’autres conclurent à cette sorte de suicide qui se rencontre ces temps-ci dans les prisons de l’Allemagne Fédérale. Cromwell ne mourut que l’année suivante, deux ans avant sa République, et de sa belle mort : on a dit qu’après la lecture de ce pamphlet, on ne l’avait plus jamais vu sourire. (« Il a besoin d’autres gardes pour le défendre contre les siens propres… parce qu’il a opprimé et abandonné le pauvre, parce qu’il a pris avec violence une maison qu’il n’avait pas bâtie. »)
Le colonel Sexby a combattu, et toujours parmi les plus extrémistes, dans les révolutions de deux royaumes. Il fut de ceux qui, à chaque tournant de l’histoire, se trouvèrent pour oser dénoncer le changement des choses qui avaient gardé un même nom. Recourant, selon les périodes changeantes, à différents moyens, il resta jusqu’à la fin fidèle à la « bonne vieille cause » pour laquelle il avait pris les armes. Tel fut Edward Sexby, et tel, enregistré en due forme pour des exécuteurs futurs, son testament.

Edward Sexby – Tuer n’est pas assassiner (Paris, Champ libre, 1980)
PDF

Karl Marx et le centenaire de l’AIT (Tract I.S., 28 septembre 1964)

Tract célébrant la fondation à Londres, le 28 septembre 1864, de l’Association internationale des travailleurs (Première Internationale). La légende est tirée de La Philosophie dans le boudoir de Sade.

« Ce mouvement, patronné par M. Bernstein et G. Debord entre autres, dont les préoccupations sont en quelque sorte comparables, avec cent ans de retard, à celles des jeunes hégéliens, et surtout du Marx des Manuscrits de 44… C’est dire que leur programme vise et suppose possible la Révolution (Arts, 9 juin 1965). » Internationale situationniste no 10, mars 1966.

« Voici le portrait de notre fondateur. » (Lettre de Guy Debord à Mustapha Khayati, 1er décembre 1964.)

(via Le Jura Libertaire)

Brave New World – Film catastrophe/Ein Katastrophenfilm (2001)


Frz. mit engl. Untertiteln/Français, sous-titres anglais

_______________________

BRAVE NEW WORLD

(Version française )

TO THE STATES
To the States, or any one of them, or any city of the States, Resist much, obey little,
Once unquestioning obedience, once fully enslaved,
Once fully enslaved, no nation, state, city, of this earth, ever afterwards resumes its liberty.
1860
Walt Whitman

_______________________

AN DIE AMERIKANER
An die Amerikaner, oder an jedweden unter ihnen,
oder an jeden Einwohner amerikanischer Städte:
Widersteht weitmöglichst, und gehorchet wenig.
Solltet Ihr aufhören, gegen Unterwerfung aufzubegehren, so seid Ihr nur noch Sklaven,
Und wer bereits ganz Sklave, egal in welcher Nation,
in welchem Staat, in welcher Stadt, auf dieser Erde,
der findet nie wieder zur Freiheit.

_______________________

Da alles was die Hand erfasst im Winde zerfließt,
Da es nichts anderes gibt als Untergang und Verzweiflung,
Denke: was ist, ist nicht
Und das von dem man spricht, es sei nicht, das ist.
Omar Khayyam

_______________________

1. Eine Kriegspropaganda

Am 11. September 2001 wurden die Medien der ganzen Welt augenblicklich zu einer der größten Propaganda-Aktionen der Weltgeschichte mobilisiert, und in der Ankündigung einer terroristischen Apokalypse überboten sie sich gegenseitig im Amateurismus, in der Leichtgläubigkeit, und im Fanatismus.

Wenige Stunden reichten aus um allenorts die Anweisung durchzugeben, den Namen des „Verdächtigten Nummer Eins“ zu verbreiten, aufgrund jener unglaubwürdigen Dokumente,“ die ein Kamikaze auf einem Flughafen-Parkplatz verloren“ haben soll. Osama Bin Laden und sein fundamentalistisch islamisches Netzwerk wurden als das absolute Übel vorgestellt, als der dämonische Gegner gegen dessen Wahnsinn die gewalttätigste Reaktion immer noch gerechtfertigt erscheint.

„Wie gewöhnlich erschien plötzlich das Gesicht des Volksfeindes, Immanuel Goldstein, auf dem Bildschirm. […] Das Programm der Zwei Haßminuten veränderte sich zwar von einem Tag auf den anderen, aber niemals lief es ab ohne daßGoldstein als Hauptfigur darin fungierte. Er war eben der grundlegende Verräter. […] Irgendwo, nur wusste keiner wo, lebte er fort und ersann weiter seine Komplotte. Vielleicht jenseits der Meere, unter der Obhut fremder Machthaber, die ihn dafür besoldeten. Vielleicht auch, wie man zuweilen munkelte, innerhalb Ozeaniens selbst, in einem geheimenSchlupfwinckel.“

George Orwell, 1984

Das Bild von Bin Laden – Goldstein verschmelzt sich hier mit dem eines anderen Unwesens, das sich im Schoss der Erde aufhält, mit dem des Antichristen, des alten Drachens, des Satans. Mittels dieser unbegrenzten ideologischen und polizeilichen Hetzkampagne, die sich durchaus modern erweist, behauptet sich nichtdestotrotz der archaische, apokalyptische Manichäismus der sowohl am Ursprung des Islams wie auch an dem des Christentums stand, und der sich erneut als Religion einer dekadenten Zeit, einer Ära des Elends, des Unwissens und der Sklaverei, diesmal im weltweiten Maßstab durchsetzt. In einer solchen Zeit häufen sich wie jetzt Exemplare des falschen Propheten und des Pseudo-Messias, die sich gegenseitig als Agenten des Satans anklagen und ihre Ausrottung verlangen, und erdreisten sich mißratene Führer zur Behauptung, daß sie das Wohl derer sichern, die sie in Wahrheit unterdrücken.

„Unsere Nation wurde von Gott auserwählt um ein Vorbild zu sein“ (George W. Bush, 28. August 2000)

„Das schreckliche Drama der Jüngsten Tage glich keineswegs einem ungenauen oder entfernten Hirngespinst: es handelte sich vielmehr um eine unfehlbare Voraussagung, von der man fast bei jedem Atemzug spürte, daß sie im Begriff war, sich zu verwirklichen“.

Norman Cohn, Die Sehnsucht nach dem Millennium

2. Ein integrierter Terrorismus

Wie die Dämonen der mittelalterlichen Einbildung waren die Kamikaze-Terroristen was man „Integrationsmodelle“ nennt. Ihr Auftrag erforderte daß sie sich in der amerikanischen Bevölkerung auflösten, dass sie deren Alltagsleben teilten, deren Arbeit, deren Freizeitbeschäftigungen, deren Lebensweise, kurz: dass aus ihnen gute, arbeitsame und vaterlandsliebende Amerikaner wurden. Was allerdings nicht verhinderte, daß die spezialen Dienste des amerikanischen Staats sie sorgfältig und auftragsgemäss beaufsichtigten, da sie seit langem von verbündeten Geheimdiensten darüber informiert worden waren, welche Absichten die Terroristen in Wahrheit hegten. Im übrigen ist ein geheimes Netz von fanatischen Komplotteuren die fähig wären, die Kompetenz der staatlichen Stellen zu übertreffen, denen sie von Anfang an die Existenz schulden, sowohl eine logische Absurdität wie eine praktische Unmöglichkeit, in einer Welt die vonEchelon und dessen zahlreichen Ablegern kontrolliert wird, und die sich hierzu ein halbes Jahrhundert lang vorbereitete durch einen geheimen Krieg gegen die sogenannte kommunistische Gefahr. Deshalb kann es sich nur um einen Akt des Glaubens handeln wenn man dem bedürftigen Szenario, das zynische Lügner einem stumpfsinnigen und unterwürfigemPublikum auftischen, irgendeine Glaubwürdigkeit beimisst.

So kommt es, daß Schwachköpfe nicht verstehen (und Scheinheilige vorgeben, nicht zu verstehen), daß ein Komplott gegen den Staat ein zu wichtiges Unterfangen ist, um den Feinden des Staates überlassen zu werden ¾ zumal wenn dieses Komplott die Ausmaße annimmt, die man am 11. September zu sehen bekam.

„Diese Tiger haben Schafsseelen; Windbeutel anstatt Köpfe: es genügt, ihre Sprache zu sprechen um in ihren Reihen aufgenommen zu werden.“

Maurice Joly, Dialog in der Hölle zwischen Machiavelli und Montesquieu.

Um wirksam kontrolliert zu werden müssen Islamisten eines Netzes wie Al Qaida Anführern blind gehorchen, die selbst von irgendwelchen staatlichen Geheimdiensten ausgebildet und finanziert werden, und die durch eine sonderbare Schizophrenie davon überzeugt sind, daß sie dadurch ihrer eigenen perversen Sache dienen. So kommt es dass treue, arbeitsame und das Vaterland liebende Saudis sich in Kamikaze-Terroristen verwandeln.

3. Wem profitiert das Verbrechen?

Dieses Phänomen der Fusion ist nur oberflächlich widersprüchlich; zunächst ist es das Ergebnis einer tatsächlichen Interessengemeinschaft ökonomischer Art, die sich vorrangig auf das Öl gründet. So verfolgten die „Repressalien“ gegen Afghanistan, die bereits mehrere Monate vor dem casus belli des 11. September geplant waren, den Zweck, die Fassade der zentralen Macht in Afghanistan neu zu übertünschen, um mit ihr kostensparend den Bau und die Beschützung des saudi-amerikanischen Pipelines zu verhandeln, um das uzbekische und turkmenische schwarze Gold nach Pakistan zu befördern ¾ kostensparend insofern daß man das unglückliche Experiment der Frauenkäfige verbreitenden Taliban abbrach, und sich ebenfalls des störenden Masud entledigte. Die Profite, die sich einige von der Ausbeutung der letzten großen Ölreserven erhoffen, sind unvergleichbar mit den spekulativen Nebenprofiten die von den gleichen, oder von anderen, am 11. September einbezogen wurden aufgrund eines banalen Insider-Deliktes .

Die wichtigste politische Konsequenz ist nicht minder offensichtlich: der amerikanische Verwaltungsapparat, der durch die erste Nicht-Wahl der Geschichte dieses Landes an die Macht gekommen war, fand sich national und international legitimiert durch die Inszenierung des tragischen Schwanks eines Zirkusaffen, der sich als Kriegsherr verkleidete um die Führung eines weltumfassenden Kreuzzuges zu übernehmen. Derart gestärkt konnte dieser Apparat dazu übergehen, sein Programm in die Tat umzusetzen, welches in ökonomisches Dingen ultra-liberal und in Sachen der öffentlichen Freiheit ultra-repressiv ist, das alles in kürzester Zeit, mittels einer zeitweiligen Knebelung des Kongresses als letzter demokratischer Seifenblase der Vereinigten Staaten, durch die organisierte „Milzbrand-Psychose“.

Unter dem Anstoß dieser Ereignisse aufgefordert, um ihre amerikanische Kollegen herum eine Solidaritätskette zu bilden, unternahmen alle Oberhäupter der übrigen Welt,, auf ihrer lokalen Ebene die Gelegenheit zu nutzen um das gleiche Programm weitgehendst durchzudrücken, ohne vor einem Import der fertig ins Haus gelieferten „Milzbrand-Psychose“ zurückzuscheuen, wie in Frankreich und in Deutschland, oder vor einer nationalen Varianten, wie dem Geister-Lastwagen der in ganz Italien nach den Mitteln suchte, einen Selbstmord zu verüben. Alle Machthaber suchen nach der Möglichkeit, mit der Ablehnungsbewegung endlich Schluss zu machen, die sie so sehr beängstigt, und die von Seattle bis Teheran, von Pretoria bis Tizi-Ouzou nach ihren Mitteln und nach ihren Zwecken sucht; und alle beeilen sich, ihren kurzlebigen Triumph zu feiern.

Dieser Chor zynischer Jubelschreie, in dem sich die internationale Solidarität einer völlig des Ausmaßes ihrer Macht bewussten Klasse ausdrückt, ist das zentrale Skandalobjekt, das überall totgeschwiegen und versteckt werden soll.

„Das Geheimnis regiert die Welt, und zunächst als Geheimnis der Herrschaft.“

Guy Debord, Kommentare über die Gesellschaft des Spektakels

4. Von den „Konspirationstheorien“

Die Ereignisse haben die Existenz einer riesigen Konspiration von selbst enthüllt. Um die Passivität der Bevölkerung zu sichern genügt es, deren Fähigkeit zu erkennen, wer tatsächlich gegen wen komplottiert, zu verwirren. Verschiedene Szenarios lassen sich dann spontan entwickeln, um die offizielle Lesart (die „Theorie“ der islamistischen Konspiration) den verschiedensten Teilen des Publikums anzupassen, die zuvor auf diese oder jene Version getrimmt worden waren. So können die Islamisten es glauben, daß Christen gegen die islamische Welt komplottieren, oder eher noch die althergebrachte „Theorie“ des jüdischen Komplotts verewigen. Die radikale Linke kann eine „Theorie“ der faschistischen Konspiration entwerfen, oder eines Komplotts der CIA ¾ wo doch ihr Standpunkt erfordern würde, Ereignisse in ihrer Globalität und in ihrer Bewegung zu erfassen.

All diese gebrechlichen Gerüste gründen sich auf die zuweilen subtile Verwendung von Teilwahrheiten. Gewiss waren es Fraktionen diverser amerikanischer, saudi-arabischer oder pakistanischer Geheimdienste, und möglicherweise Spezialeinheiten einiger Ölfirmen, die aller Wahrscheinlichkeit nach Masud erledigten und die Attentate am 11. September vollbrachten; aber manipulierte Islamisten haben nicht destoweniger eine maßgebliche Rolle gespielt. Ebenso ist es sehr wahrscheinlich, daß faschistische Gruppen in den USA an den Milzbrand-Anschlägen teilgenommen haben. Aber eine Verbindung grundlegender Komplizität ist es, die viel eher aus dem ungesunden Nebel dieser Ereignisse klar emporsteigt, und alle die aneinander festschmiedet, die an diesem neuen Massaker profitiert haben.

Die diversen „Konspirationstheorien“ dienen nur dazu, die Wahrheit zu zerbröckeln, um dann jedes Bröckel wieder in den Rahmen einer Pseudo-Totalität einzufügen, welche aus unbeholfenen Irrtümern und paranoïden Lügen zusammengeschustert ist, und die, sobald man sie mit der Wirklichkeit konfrontiert, in sich zusammenfällt. In der Folge werden sie in verschiedenen Milieus benutzt um augenblicklich, durch blosse Erwähnung ihres Namens, jede authentische Kritik zu widerlegen, die es nicht geschafft hätte, die diversen Agenturen zur Organisation des Schweigens abzuschaffen. Zum Beispiel könnte man eines Tages behaupten, sollte dies nötig werden, dass der vorliegende Film eine Konspirationstheorie entwickelt; oder, was aufs Gleiche herauskommt, dass er eine lächerliche Paranoia ausdrückt.

5. Eine neue Zeit

Die Attentate des 11. Septembers können nur verstanden werden wenn man begreift, daß sie sich am Ende eines komplexen Übergangsprozesses befinden, der vor etwa zehn Jahren anhebte. Das Jahr 1991 wurde in der Tat öffentlich gebrandmarkt durch den Golfkrieg und durch die Auflösung der UdSSR, woraus eine langfristige, sowohl militärische wie ökonomische Hegemonie der Vereinigten Staaten entstand, und es wurde ebenfalls gekennzeichnet, aber unter geringerem Aufsehen, durch den Anfang des „schmutzigen Krieges“ in Algerien ¾ in jenem Labor wurde zwecks späterer Systematisierung die islamische Variante des modernen Staatsterrorismus experimentiert, einer Herrschaftstechnik, die zum ersten Mal nach 1968 in Italien praktiziert worden war, und die sich seitdem weltweit bewährt hat.

Mit einigen Generationsunterschieden handelt es sich um die gleichen Leute, die heute in den USA oder in Algerien, in Italien oder sonst wo regieren. Aber sie haben die Lektion Ihrer Machtausübung während der letzten zehn Jahre gelernt: sie haben verstanden dass die Erhöhung ihres Profits künftig die weltweite Herrschaft des Terrors und des Obskurantismus erfordert; nun wissen sie besser, was sie bereichert, was sie bestärkt, in welcher Weise sie die Mittel anwenden können, die sich gegeben haben, und was eine unter Hypnose gehaltenen Bevölkerung zu glauben und zu ertragen imstande ist.

Die Provokation des 11. Septembers hat den Start zu einem 21. Jahrhundert gegeben, das sich bereits anschickt, ihr aufs genaueste zu ähneln: als ein von Idioten inszenierter Katastrophenfilm voller massenverdummendem Getöse und terroristischer Raserei, und dem jede Bedeutung abgeht.

NOSOTROS

November 2001

Link

« Quand la Révolution juge bon de communiquer ses écrits, elle les confie tout innocemment à l’édition sauvage. »

« On ne peut nier que quiconque vend à quelque prix que ce soit quelque chose, qu’il s’agisse d’une tonne de blé, d’un exemplaire d’un livre ou d’une heure de son temps, participe au système marchand, qui est mauvais. Ceux qui ont plus à vendre que les autres sont les pires : petits ou grands possédants du système de la vénalité. Tous ceux qui vendent, ou font vendre, des textes révolutionnaires, ne sont rien d’autre que des marchands, au sens scientifique du terme, mais des marchands plus perfides que tous les autres, et souvent même plus riches. Quand la Révolution, qui ne peut que se vouloir au-delà de ce néfaste système, juge bon de communiquer ses écrits, elle les confie tout innocemment à l’édition sauvage, et c’est en quoi l’édition sauvage n’est pas marchande.
Ce principe apporte, on en conviendra, un progrès décisif à la critique révolutionnaire, progrès qui permet en même temps une simplification théorique dont elle avait fortement besoin : ce ne sont plus les textes qui sont à juger désormais, mais uniquement les éditeurs. Est-il marchand ? Est-il sauvage ? Voilà la pierre de touche de la valeur d’usage et le credo de la praxis globale. L’édition marchande est coupable, quoi que veuillent dire les livres publiés. Au contraire, n’importe quoi peut être écrit dans la nouvelle innocence de l’édition sauvage, ou moyenne-sauvage. L’édition sauvage, surtout quand elle peut utiliser les techniques de reproduction moderne, coûte très peu : elle permet donc aux prolétaires qui l’animent de se livrer sans entraves à leur pratique favorite, nous voulons dire celle du don subversif, en offrant gratuitement les textes, notamment dans les librairies. Il convenait de couronner l’édition sauvage de la théorie par une théorie de l’édition sauvage. Nous la donnons ici avec cette modestie collective que l’on nous connaît depuis longtemps, et qui nous protège de tout vedettariat. Mais comme chacun reconnaîtra notre bonne foi et notre cohérence, on pourra aussi nous reconnaître à cette rigoureuse lumière que nous avons créée nous-mêmes pour la circonstance.
Qu’est-il, en effet, de plus choquant qu’un ouvrier qui fait grève pour autogérer la production des montres, alors que la montre est essentiellement l’instrument de la mesure du temps esclavagiste ? C’est évidemment un play-boy fortuné qui verse dans le snobisme d’employer son argent à publier des vérités critiques, alors que l’argent est l’instrument essentiel de la société du mensonge. L’Histoire nous confirme autant que le bon sens. S’est-il jamais trouvé un aristocrate pour approuver la Révolution de 1789, ou un bourgeois pour financer Bakounine ? Mais les récupérateurs de notre temps ne redoutent aucun paradoxe.
Les révolutionnaires sincères sont si bien servis par l’édition sauvage qu’ils n’ont qu’à laisser sans regret l’édition officiellement commerciale aux misérables qui la lisent, ou même se compromettent jusqu’à y travailler sur commande ; encore heureux les jours où ils n’en ont pas tiré vainement les sonnettes !
N’y aurait-il pas, en vérité, quelque chose d’insolite, de choquant, de jamais vu, à laisser vendre un livre dans lequel on condamne le système marchand ? Qui croirait alors à la sincérité des exigeantes convictions de l’auteur, ou des co-auteurs s’ils sont plusieurs ? Imagine-t-on, par exemple, le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations diffusé autrement que par un éditeur sauvage ? On en aurait ri. »

Extrait de Foutre !, tract signé “Des prolétaires” mais en fait écrit par Guy Debord, octobre 1976.