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La pensée de Kropotkine

Renaud Garcia – Nature humaine et anarchie : la pensée de Pierre Kropotkine (Thèse ENS Lyon 2012)

L’ambition qui préside à l’élaboration de ce travail est double : d’abord confronter une lecture précise de Kropotkine (1842-1921) à ce qu’en dit le post-anarchisme, lequel se fait fort de renouveler la compréhension de l’anarchisme à l’aide des outils légués par les auteurs post-modernes français ; ensuite reprendre le dossier de l’antinaturalisme dans la critique sociale. Nous soutenons dans cette thèse que loin de manifester une impasse pour tout discours qui voudrait dessiner les voies d’un changement radical de société, la notion de « nature humaine » telle que l’emploie Kropotkine offre de nombreux outils pour œuvrer dans cette direction. À la fois géographe et évolutionniste, Kropotkine ouvre la nature humaine en direction de la nature globale, et plus précisément du legs coopératif de l’évolution des espèces, à l’inverse de toute crispation essentialiste. C’est sur ce legs sans cesse retravaillé en fonction des contextes dans lesquels l’humain est conduit à vivre qu’il convient de s’appuyer pour contrer les effets de réductionnismes ruineux tels que le darwinisme social ou la sociobiologie. Conformément à la dimension fondationnaliste de la pensée de Kropotkine, la thèse s’organise de manière systématique autour de la notion de « nature humaine ». Après avoir posé les bases scientifiques de l’anarchie (I) nous travaillons les thèmes darwiniens de l’œuvre kropotkinienne (II). Le socle théorique est alors consistant afin d’établir des conséquences pratiques, du côté de la politique, de l’économie et de l’urbanisme (III). À l’intérieur du contexte ainsi défini, c’est aux réalisations supérieures de la morale et de l’art que nous finissons par nous intéresser (IV).

J’apprends qu’on m’a accusé de chercher à détruire les institutions

J’apprends qu’on m’a accusé de chercher à détruire les ins-
titutions,
Mais à vrai dire je ne suis ni pour ni contre les institutions,
(Qu’ai-je en effet de commun avec elles ? Ou de commun
avec leur destruction ?)
Je veux seulement fonder dans le Mannahatta et dans cha-
que ville de ces États, intérieur et littoral,
Et dans la campagne et les forêts et sur chaque carène petite
ou grande qui bossue les eaux,
Sans édifices ni règlements ni directeurs ni aucune discus-
sion,
L’institution de la tendre affection des camarades.

Walt Whitman

(Feuilles d’herbe, traduction intégrale d’après l’édition définitive par Léon Bazalgette, Paris, Mercure de France, 1922, p. 173.)

Lucioles n°9 – mai 2013

Tu les vois fleurir les galeries d’artistes, les bars où ces maudits viennent s’abreuver de gobelets en plastique sur les trottoirs, ces mangeurs de merde en costard qui font visiter des apparts dont les loyers feraient exploser la tête de ton banquier, ces abrutis de journalistes venant filmer pour la deuxième partie du 13 heures comment qu’on est pittoresques nous les pauvres, les ânes en uniforme qui patrouillent dans le quartier pour s’assurer que la rencontre du troisième type entre galériens et bourges ne soit pas trop explosive… Voila qu’après nous avoir parqués dans des ghettos de pauvres, on nous insémine du ptit bourge à la pelle et du flic au quintal, voila même qu’on voudrait nous virer, nous jeter un peu plus loin dans les oubliettes à pauvres des cités en attendant de nous trouver une poubelle galactique. Ceux qui se la pètent appellent ça la gentrification, nous on appelle ça LA GUERRE.

Marx & the city

Le capitalisme, explique David Harvey, ne résout pas les problèmes que provoquent ses crises, il les déplace. Impossible, dès lors, d’en décrire le fonctionnement sans y intégrer la dimension spatiale. Difficile, inversement, de comprendre et de résister aux mutations des villes modernes sans puiser dans la boîte à outils marxienne. Rencontre avec un homme qui fait de la politique en géographe, au moment où paraît en français Paris, capitale de la modernité.

Entretien avec David Harvey [Vacarme n°59, printemps 2012], à lire en ligne sur le site de Vacarme (merci à Oberdada).

Eloge de la Cabane

http://www.robinhunzinger.info/