Forces productives I

Korsch fait remarquer que le célèbre passage de Marx : « Jamais une formation sociale ne disparait avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, et jamais des rapports de production supérieurs ne se mettent en place avant que les conditions matérielles de leur existence aient muri au sein même de l’ancienne société » est la forme plus abstraite de l’idée que Marx avait formulée dans sa polémique contre Proudhon : « De tous les instruments de production, le plus grand pouvoir productif, c’est la classe révolutionnaire elle-même. L’organisation des éléments révolutionnaires comme classe suppose l’existence de toutes les forces productives qui pouvaient s’engendrer dans le sein de la société ancienne. » (K. Korsch, Karl Marx, Paris, 1971, p. 246) Ce qui permet, ainsi entendu, de faire disparaitre une certaine incohérence dans la théorie marxienne de la révolution : « … cette théorie présente la révolution tantôt comme un phénomène absolument conditionné par le développement objectif des forces productives, tantôt – et d’une façon tout aussi péremptoire – comme l’action bien réelle d’hommes concrets et unis au sein d’une classe sociale déterminée, en lutte contre d’autres classes sociales, avec toutes les chances et tous les risques qu’une telle action pratique comporte. » (Korsch, op. cit., p. 245)

Voir : Michael Mauke, Die Klassentheorie von Marx und Engels, Francfort/Main, 1970.