Dans le monde une classe en lutte (janvier 2011)

Et après ? Un peu partout dans le monde s’abattent ce qu’on appelle des « politiques d’austérité » qui matérialisent encore plus un fossé entre ceux « qui ont » – et s’enrichissent malgré la crise – et ceux « qui n’ont pas » – et luttent désespérément pour préserver le peu qu’ils avaient.

Tous les dirigeants économiques, politiques, syndicaux quelle que soit leur couleur politique participent de cette vague qui déferle – y compris ceux qui proposent des réformes (faire que la pilule soit moins amère) ne mettant nullement en cause les fondements du système d’exploitation du travail et d’extorsion de la plus-value, système qui est la cause première de la crise et qui pense se survivre en extorquant encore plus sur ce qui permet aux exploités de partout de survivre.

Si les « solutions » vont toutes dans le même sens, elles peuvent prendre des formes différentes :

dans les pays développés ce sont des coupes sombres de tous avantages dont la commune mesure est de réduire par des voies légales le coût de la force de travail dans les pays dits « en développement » c’est par la voie un renchérissement du peu notamment alimentaire qui assure la reproduction de la force de travail et le maintien par une main de fer des conditions d’exploitation qui permettent d’assurer une production à bas prix, ballon d’oxygène pour le maintien de la paix sociale dans les pays développés.

Quelles que soient les formes que prend cette ponction sur les ressources destinées à la survie des exploités, elles assurent la survie du système et l’enrichissement de ceux qui détiennent les rênes du système capitaliste. Face à ce déferlement général de la vague de misère sociale, résistances et répressions sont aussi diverses que les voies par lesquelles s’imposent les mesures de sauvetage du capital.

Dans les pays en développement la question est vite réglée : on en parle dans les pages qui suivent. A la violence des révoltes soit globales soit sur les lieux d’exploitation, répond la violence de la répression, le plus souvent dans le sang, les arrestations et les emprisonnements, tout restant dans un cadre national

Pour les pays développés, l’exemple de ce qui se passe dans une Union européenne pourtant unifiée économiquement est significatif. Alors que l’on trouve dans tous les pays de la communauté presque le décalque des mesures d’austérité prises dans le cadre de chaque Etat, ceci quel que soit le parti au pouvoir,, les résistances sont très diversifiées, souvent limitées à des objectifs particuliers, souvent polarisées sur des objectifs politiques nationaux spécifiques, alors même qu’elles sont sous-tendues par un malaise général contre un système implacable qui broie tous les exploités.

En France, les manifestations pacifiques imposantes répétées et bien contrôlées prenaient le masque de la lutte contre une réforme des retraites et les tentatives de radicalisation et d’extension restaient velléitaires. En écho, celles qui se déroulaient en Italie et en Grande-Bretagne pouvaient prendre une forme plus violente et significative dans des attaques des bâtiments publics, symboles du pouvoir mais elles émanaient essentiellement d’étudiants luttant contre les conditions de financement des études supérieures. En Espagne, si la grève générale prenait un caractère plus radical, elle ne dépassait pas sa limite dans le temps. Et nous pourrions étendre ces observations à la plupart des pays européens qui tous ont connu au cours de l’année écoulée des actions, souvent répétées, avec l’un ou l’autre des caractères que nous venons d’évoquer.

Devant une telle situation, on peut rêver qu’une explosion dans un pays quelconque pourrait s’étendre et réaliser cette unité de lutte tant sur le plan national qu’européen, voire international qui serait la réponse de l’ensemble des exploités à la crise du système et qui poserait la question – dans les faits et dans l’action – de son remplacement par ne société d’où l’exploitation du travail serait exclue.

Mais une telle perspective poserait une autre question : celle de la répression que nous abordons aussi quelque peu dans ces pages. Peut-on penser que le système dispose d’un arsenal répressif insoupçonné et inutilisé jusqu’à présent (car à aucun moment il n’a été sérieusement menacé) qui pourrait rendre vaine l’attaque frontale dont certains rêvent. Mais aussi peut – on penser qu’une telle attaque, par sa généralisation, saperait les fondements mêmes de toute répression. Personne ne détient une réponse à ce dilemme sauf l’ensemble des prolétaires engagés dans un mouvement global qui ne passerait pas nécessairement par de tels affrontements. Nous héritons d’un passé que la globalisation de l’organisation capitaliste peut faire paraître obsolète.

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