Lettre de Bordiga à tous ses « nègres, ou presque », à propos de la mort d’Ottorino Perrone (1957)

Bordiga, dans une lettre du 24 novembre 1957 « A tous les nègres, ou presque » (c’est-à-dire à tous ses amis, dont Laugier, qui l’aidaient dans ses recherches), évoque les dérives personnelles, très dommageables selon lui, de Vercesi (Ottorino Perrone) :

« Tous m’ont écrit leur chagrin, pour Ottorino, imaginant bien quel grave coup j’avais dû encaisser là. Je les en remercie, et je précise, au sujet d’Ottorino, que je suis surtout furieux contre lui. La lutte acharnée que pendant douze ans j’ai menée n’a pas réussi à sauver de la dissolution mentale et physique ni de la mort prématurée (il avait dix ans de moins que moi) celui qui était le meilleur travailleur, force précieuse pour le mouvement, et ceci parce qu’il n’a pas su renoncer aux maudites cigarettes et au vin, qui l’ont tué.

Le cas appelle plus encore de la colère que du regret, parce que le regret avait déjà commencé il y a de nombreuses années. Inutile d’invectiver désormais ? Non, parce qu’il y en a d’autres, qui sont vivants et qui se comportent de la même façon indigne d’un marxiste, comme je l’ai déjà dit à Piombino. Aucun de nous ne peut revendiquer le droit de propriété sur sa propre carcasse qu’elle soit ou non valide, car celle-ci appartient à l’homme social.

Ottorino servira encore la cause en restant comme un exemple d’une sensualité individuelle épouvantable chez un militant aussi passionné et de cette impuissance qui consiste à ne pas savoir contenir ses instincts de types bestial et même sous-bestial, puisque les bêtes ignorent alcool et tabac aussi bien qu’excès sexuels ».


1 Antwort auf „Lettre de Bordiga à tous ses « nègres, ou presque », à propos de la mort d’Ottorino Perrone (1957)“


  1. 1 Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Pingback am 07. Oktober 2010 um 10:32 Uhr
Die Kommentarfunktion wurde für diesen Beitrag deaktiviert.