Jacques Camatte – Ce monde qu’il faut quitter (1974)

«Il faut abandonner ce monde où domine le capital, devenu spectacle des êtres et des choses. (…) Par suite du procès d’anthropomorphose, le capital devient, à son tour, spectacle; il s’assimile, s’incorpore toutes les qualités des hommes, toutes leurs activités sans jamais être l’une d’entre elles, sinon il se nierait par substancialisation, inhibition de son procès de vie.
En acceptant les représentations du capital, les hommes voient un spectacle qui est leur redondance mutilée, parce qu’en général ils n’en perçoivent seulement qu’une partie; depuis longtemps, ils ont perdu le sens de la totalité.
Pour échapper à l’emprise du capital, il faut rejeter ses présuppositions qui plongent dans un lointain passé (moment de la dissolution des communautés primitives) et, simultanément, on peut dépasser l’œuvre de Marx qui est l’expression achevée du devenir à la totalité, à la structure accomplie de la valeur qui, sous sa mutation de capital, s’est érigée en communauté matérielle. Il faut envisager une dynamique nouvelle, car le MPC (Mode de Production Capitaliste) ne disparaîtra pas à la suite d’une lutte frontale des hommes contre leur oppresseur actuel, mais par un immense abandon qui implique le rejet d’une voie empruntée désormais depuis des millénaires. Le MPC ne connaîtra pas de décadence, mais un écroulement.»

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1 Antwort auf „Jacques Camatte – Ce monde qu’il faut quitter (1974)“


  1. 1 Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Pingback am 29. Juli 2010 um 11:15 Uhr
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