William Benbow – Grande Fête Nationale et Congrès des classes productrices (extraits, 1832)

Grande Fête Nationale et Congrès des classes productrices

Dédié aux classes productrices. Compagnons d’infortune, vous les spoliés !
Je vous présente le moyen de vous libérer, adoptez-le et vous débarrasserez l’univers de l’inégalité, de la misère et du crime. Un des martyrs de votre cause, je suis devenu le prophète de votre salut. Un projet qui doit vous conduire au bonheur vous est offert et vous est dédié. Avec lui, je vous offre ma vie et mon corps, mon âme et mon sang. William Benbow, Commercial Cqffee House, 205, Fleet Street.

Et maintenant, riches, pleurez et hurlez…. Vous avez retenu par fraude le salaire des travailleurs qui ont moissonné vos champs, voyez, cela crie vengeance, et les cris de ceux qui ont moissonné sont arrivés aux oreilles du Dieu des Armées. Vous avez condamné et fait mourir les justes et ils ne vous ont pas résisté. (St. Jean)

Adresse introductive

Leurs princes sont au milieu d’eux comme des loups qui dévorent une proie ; ils versent le sang, perdent les âmes, extorquent un gain malhonnête. Les maîtres de la terre ont usé de violence, exercé le brigandage et affligé le pauvre et le nécessiteux (Ezechiel).

Les jouissances des uns sont si limitées qu’elles ne méritent pas le nom de jouissances ; celles des autres sont sans limites, car ils ont le moyen de se procurer en abondance bien-être, gaîté et plaisir. Le bonheur est circonscrit et le devient chaque jour davantage, c’est-à-dire que le nombre de ceux qui en sont privés augmente d’heure en heure. Maintenant quels sont les jouisseurs ? Leurs jouissances procèdent-elles de leurs propres mérites ? Sont-ils laborieux ? Travaillent-ils pour se procurer le bonheur dont ils jouissent ?

Dans l’organisation actuelle de la société, les seuls individus qui jouissent de beaucoup de bien-être, de plaisir et de bonheur, sont la classe de ceux qui produisent le moins pour la communauté. Ces individus sont en petit nombre ; ils ne forment qu’une fraction de la société et cependant ils ont acquis le pouvoir monstrueux de disposer à leur propre avantage de tous les biens de la vie, sans créer eux-mêmes la moindre parcelle de ces biens. Et ce pouvoir monstrueux détenu par le petit nombre est exercé avec une main de fer et a pour résultat nécessaire la misère indescriptible dont souffre la classe la plus nombreuse de la société. Et cette fraction de la société, qui a usurpé de la manière la plus imprudente et la moins naturelle le droit absurde d’exercer un pouvoir monstrueux sur presque tous les hommes, n’est qu’une part infime du corps social : elle comprend un homme sur cinq cents, quand on la compare au Peuple qui produit tous les biens qu’on peut voir en ce monde. Néanmoins l’unique unité, le pur zéro a toute la richesse, tout le pouvoir dans l’Etat et par conséquent prescrit d’une façon détaillée la manière dont il lui plaît que les 499 sur 500 vivent. Les 499 sont les forces créatrices de l’Etat, sur eux repose toute l’organisation sociale qui, sans eux, ne pourrait exister une seule seconde ; ce sont eux qui bêchent rudement le sol, se lèvent tôt et se couchent tard, c’est leur travail et leur sueur qui embellissent la surface de la terre en la rendant agréable à l’œil et utile à l’existence ; cependant ces 499 qui font tout sont réduits à moins que rien…. L’unique, l’unité, le zéro, consomme, vit dans le luxe et dans les divertissements, se couvre en hiver de fourrures et de duvet bien chaud ; en été, il se rafraîchit dans les bains de marbre ou dans les bosquets ombreux ; les saisons sont à lui, leurs fleurs, leurs fruits et leurs créatures vivantes sont à lui — les 499 autres sont ses pourvoyeurs ; ils lui procurent tout ce dont il a besoin ; plus dignes de pitié et plus maltraités que le chacal, ils n’ont même pas le rebut. Non contents de dévorer jusqu’à la moelle et aux os, si les os sont d’un usage quelconque ; non contents de leurs titres particuliers, ces hommes qui composent cette classe dévorante de la société s’intitule : le Peuple.

Depuis bien des années, le peuple n’a rien fait pour lui-même. Il n’a même pas existé, car il n’a pas joui de la vie. Son existence a servi à d’autres leur procurant les jouissances de la vie ; il a été par rapport à lui-même comme un non être. Il n’a eu ni bien-être, ni gaîté, ni plaisir ; il n’a pas vécu, car un état continuel de travail, de privation et de maladie ne pourra jamais être appelé la vie. Quel travailleur peut dire qu’il vit ? à moins de dire qu’il vit quand il dépérit à petit feu, en produisant, avec l’estomac vide et des membres épuisés, ce qui sert à faire vivre d’autres hommes. L’existence de l’ouvrier est négative. Il est vivant pour la production, la misère et l’esclavage, mort pour la joie et le bonheur. Il produit et il est misérable : d’autres jouissent et sont heureux. Le Peuple est le souffre douleur de la Société.

Si les travailleurs sont la source de toute richesse, cette richesse n’est pas pour eux ; s’ils sont tout-puissants, leur pouvoir bénéficie à d’autres : ils protègent et soutiennent ceux qui s’engraissent de la sueur de leur front. Ils combattent aussi, mais pourquoi ? Pour la religion, pour l’honneur, pour le caprice des rois et des ministres.

Quand ils combattront pour eux-mêmes, alors ils seront un Peuple, alors ils vivront, alors ils auront le bien-être, la gaîté, le plaisir et le bonheur ; mais jamais ils ne les auront avant de combattre pour eux-mêmes. Quand le Peuple livrera son propre combat, quand il résistera activement à la plupart des institutions actuelles, quand il aura une opinion exacte de lui-même, c’est-à-dire quand il sera convaincu de son propre pouvoir et de sa propre valeur, il jouira alors des avantages dont un peuple doit jouir. Les travailleurs seront tout ce qu’ils n’étaient pas auparavant, ils ne seront pas plus longtemps dépouillés du fruit de leur travail, ils ne seront pas plus longtemps opprimés et réduits au désespoir ; leur vie ne sera pas plus longtemps un fardeau trop lourd pour être supporté. Le petit nombre, les accapareurs, les suceurs de sang, les paresseux, les fainéants seront forcés de travailler tout comme les autres et la part de chaque homme dans les bienfaits de la vie sera proportionnée à sa production.

Comment se fait-il que le Peuple n’ait jamais existé ? C’est-à-dire n’ait jamais joui du bien-être, de la gaîté, du plaisir et du bonheur ? Comment se fait-il qu’il ait toujours été la classe qui produit et jamais celle qui consomme ? Le lion fait chasser le chacal et se fait nourrir par lui, parce que le lion est le plus fort ; mais dans le cas du Peuple, la situation est renversée, car la partie la plus faible a jusqu’ici forcé la partie la plus forte à chasser pour elle et à la nourrir. Comment cet état de choses monstrueux a-t-il été institué et a-t-il duré ? Simplement parce que le peuple a été maintenu dans l’ignorance, enchaîné dans les liens de la superstition et du préjugé.

L’ignorance est la source de toutes les misères du plus grand nombre. C’est l’ignorance qui nous fait incessamment travailler non pour nous, mais pour les autres ; c’est l’ignorance qui nous fait combattre et prodiguer notre sang et notre vie pour assurer au petit nombre le pouvoir de faire toujours de nous leurs instruments ; c’est l’ignorance qui nous empêche de nous connaître et, sans une connaissance claire de nous-mêmes, nous resterons toujours l’instrument des autres, les esclaves de la classe qui consomme. En aucun temps, dans aucun pays, chez aucun peuple, il n’a existé une misère et une oppression pareilles à celles qui existent aujourd’hui dans cette malheureuse contrée….

Si nos seigneurs et maîtres ont de très bonnes raisons pour nous maintenir dans l’ignorance, nous en avons de plus fortes encore pour acquérir la connaissance…. Le savoir dont nous avons besoin est très aisé à acquérir ; ce n’est pas celui qu’on acquiert dans les écoles ou dans les livres…. La connaissance dont nous avons besoin est celle de nous-mêmes : la connaissance de notre propre pouvoir, de notre immense puissance et du droit que nous avons de mettre en action cette immense puissance. Nous ne pouvons acquérir ce savoir sans un savoir d’une nature opposée : c’est-à-dire la connaissance de la faiblesse numérique et réelle de nos ennemis, bien qu’il leur ait été permis si longtemps de nous opprimer et de nous pressurer jusqu’à la dernière goutte de notre sang. Le peuple de Paris avait cette connaissance quand il s’est révolté contre la tyrannie et qu’il l’a foulée un instant à ses pieds. Le peuple de Paris nous donnera un exemple encore plus frappant de l’espèce de connaissance qui nous manque, quand il déclarera que la royauté et les privilèges sont incompatibles avec la liberté populaire, enfin quand il se soulèvera pour la République, et cet exemple nous sera donné d’ici peu. Les hommes de Grenoble, l’autre jour, ont donné une preuve de cette connaissance quand ils ont refusé de payer les impôts injustes, brûlé les maisons et les livres des percepteurs d’impôts et forcé le gouvernement à un compromis. Bref, la connaissance qui nous manque, c’est d’être absolument convaincus de la faiblesse et de la scélératesse de nos ennemis et d’être résolus à user des moyens que nous avons de les détruire.

Le remède ? Le remède ? Criez-vous tous. Il est à votre portée. Le remède qui doit améliorer votre situation et vous arracher à la ruine finale et éternelle est en vous-même. C’est simplement L’UNITE DE PENSEE ET D’ACTION. Pensez ensemble, agissez ensemble et vous soulèverez des montagnes d’injustices, d’oppressions, de misères et de besoins. Le Peuple n’a qu’à se soumettre à la méthode d’action qui a fait la force de ses ennemis : nos ennemis, par leur unité de pensée et d’action, — tout faibles qu’ils sont numériquement et physiquement — ont réussi à faire de nous leur proie….

Seigneurs et Maîtres, ils sont unis et par conséquent ils pourront être tout ce qui leur plaira d’être, ils sont devenus par leur union seigneurs et maîtres. Ils sont le catalogue vivant de tous les vices, et de tous les crimes dont la nature humaine a été forcée de devenir la source. Un manque d’unité de pensée et d’action de notre part a été la cause de cet état de choses contre nature.

De toutes les folies dont la nature humaine peut se rendre coupable, il n’y en a pas de plus grande que de croire que les autres feront pour nous ce que nous devrions faire pour nous-mêmes. Si les autres ne sentent pas comme nous, si les autres ne sont pas opprimés, volés, pillés et dégradés, comment peuvent-ils entrer dans nos sentiments ? Attendre l’aide des tories, des whigs, des libéraux, attendre l’aide des classes moyennes ou de toute autre classe que celle qui souffre, c’est pure folie.

La liberté et l’égalité valent-elles la peine qu’on en jouisse ? Le bien-être, la gaîté, le plaisir et le bonheur sont-ils dignes d’être possédés ? La satisfaction de nous voir sur le même pied que les autres hommes ; de ne pas voir plus longtemps une distinction comme celle qui existe entre le pair et le paysan ; de ne pas se voir plus longtemps écrasés par les chevaux et les voitures des personnes d’un ordre différent ; de voir tous les hommes ou à cheval ou à pied, cette satisfaction n’en vaut-elle pas la peine ? Qu’y a-t-il de plus glorieux, de plus consolant, de plus honorable pour l’homme que l’égalité ? L’égalité, ô hommes du Peuple, mes amis, est une grande et belle chose : nous l’aurons, mais soyons unis.

Les tyrans odieux, auxquels nous avons permis de régner sur nous, n’ont pas un seul sentiment commun avec nous. La préoccupation unique de leur vie est de nous maintenir dans un état d’ignorance afin que nous n’ayons pas conscience de notre propre dégradation et de leur faiblesse. Attendre d’eux du bien, espérer qu’ils consentiront à briser un anneau de la chaîne avec laquelle ils nous lient, rêver qu’ils nous regarderont avec pitié, c’est le plus vain de tous les rêves. Mais c’en est assez ; ils se sont engraissés de la sueur de notre corps, ils sont décidés à continuer ; c’est à nous à nous y opposer, à y mettre fin.

Le jour de fête

Un jour de fête signifie un jour saint (a holiday signifies a holy day) et le nôtre doit être de tous les jours saints le plus saint. Il doit être très saint, très sacré, car il doit être consacré à faire fructifier ou plutôt à créer le bonheur et la liberté de l’humanité. Notre jour saint sera consacré à faire régner l’abondance, à abolir le besoin, à rendre tous les hommes égaux. Pendant notre fête nationale nous ferons des lois pour toute l’humanité. La constitution rédigée pendant cette fête mettra tous les êtres humains sur le pied d’égalité : droits égaux, libertés égales, jouissances égales, respect égal, part égale dans la production, c’est là le but saint de notre jour de Fête.

Quand on propose une grande fête nationale, qu’aucun de nos lecteurs n’imagine que la proposition est nouvelle. C’était une coutume établie parmi les Hébreux, le plus ancien des Peuples, d’avoir des jours saints et des jours de fête, non seulement de fêtes religieuses, mais de fêtes politiques. Leurs fêtes étaient généralement instituées pour perpétuer le souvenir des œuvres de la puissance de Dieu, pour donner au Peuple de fréquentes occasions de s’instruire dans la connaissance des lois, pour lui procurer des moments de repos, de plaisir et lui permettre de renouveler connaissance avec ses frères. Le Sabbat était un jour de fête hebdomadaire, non parce que les Hébreux supposaient que Dieu s’était reposé de son travail ce jour-là, mais en souvenir de leur délivrance de l’Egypte, de la maison de servitude et de la pluie de manne dont ils s’étaient nourris dans le désert. La vraie signification de la nourriture de la manne est que les produits du sol étaient également partagés entre les gens du Peuple. Ils se nourrissaient de manne, c’est-à-dire qu’ils disposaient d’une nourriture abondante. Pendant les diverses fêtes, on ne faisait aucun travail, il n’y avait plus aucune distinction entre les maîtres et les serviteurs. Tous les sept ans, revenait une année appelée l’année de délivrance que les Hébreux passaient en une fête ininterrompue.

Les raisons et la nécessité pour nous d’avoir un mois de fête découlent des circonstances où nous sommes placés. Nous sommes opprimés dans l’acception la plus large du mot ; nous avons été privés de tout, nous n’avons pas de propriétés, pas de richesses et notre travail ne nous est d’aucune utilité puisque son produit va entre les mains d’autrui. Nous avons essayé de tout ; une seule chose nous reste à tenter : notre propre effort. Nous avons dit et redit à nos gouvernants nos besoins et notre misère ; nous les avons crus bons, sages et généreux ; nous avons pendant des siècles eu foi en leurs promesses et après tant de siècles d’endurance, au lieu de voir notre situation s’améliorer, nous sommes aujourd’hui convaincus que notre ruine totale est proche. Nos seigneurs et maîtres n’ont proposé aucun plan que nous puissions adopter. Ils sont en contradiction les uns avec les autres sur ce qu’ils appellent la source de notre misère : l’un dit une chose, l’autre en dit une autre. Un misérable, un misérable sacrilège et blasphémateur dit que la surproduction est la cause de notre misère. Surproduction ! En vérité quand nous, les producteurs, à moitié morts de faim nous ne pouvons avec tout notre travail obtenir rien qui ressemble à une quantité suffisante de production. Jamais à aucune autre époque, dans aucun autre pays que le nôtre, l’abondance n’a été invoquée comme une cause de misère. Dieu bon, où est-elle cette abondance ? Abondance de vivres ! Demandez au cultivateur ou à l’ouvrier si c’est leur avis : leur corps émacié est la meilleure réponse. Abondance de vêtements ! La nudité, le frisson, l’asthme, les refroidissements et les rhumatismes du peuple sont la preuve de son abondance de vêtements. Nos seigneurs et maîtres nous disent que nous produisons trop. Très bien ! Alors nous cesserons de produire pendant un mois et nous mettrons ainsi en pratique la théorie de nos seigneurs et maîtres.

L’excédent de population, disent nos seigneurs et maîtres, est une autre cause de notre misère ; ils veulent dire par là que les ressources de la contrée ne sont pas en proportion de la population. Nous prouverons le contraire ; pendant notre mois de fête, nous ferons un recensement du peuple, nous mesurerons la terre et nous verrons par ce calcul si ce n’est pas une distribution inégale et une mauvaise gestion de la terre qui fait dire à nos seigneurs et maîtres que nous sommes trop nombreux. Voilà deux raisons importantes pour établir notre fête et pour tenir un CONGRÈS des classes laborieuses.

Nous essaierons alors par nos discussions, nos délibérations, notre fête et notre congrès, d’établir le bonheur pour l’immense majorité de la race humaine, pour cette portion, de beaucoup la plus vaste, qu’on appelle les classes ouvrières. Ce que le petit nombre a fait pour lui-même, le grand nombre ne saurait-il le faire ? Sans contredit. En voilà le chemin, hommes du peuple et camarades ouvriers !

Puisque trop longtemps nous avons essayé la souveraineté des familles particulières, essayons enfin la souveraineté de la grande famille, la race humaine. Cette espèce de souveraineté ne peut jamais se changer en tyrannie….

Les troupeaux qui paissent sur les mille collines sont au Seigneur…. Quand la voix du Peuple que lord Brougham proclame la voix de Dieu, et certes nous n’avons pas besoin d’une autorité plus haute, réclame un bien et demande les troupeaux des mille collines, qui ose refuser les troupeaux des mille collines ? Pendant son mois de fête, le peuple aura besoin de ces troupeaux. Qu’il ordonne de les conduire à l’abattoir et les pâtres et les bergers lui obéiront. Il se trouvera peut-être quelques personnes qui, ayant été si longtemps les gardiens des troupeaux du Seigneur, désireront les garder encore plus longtemps. Cependant nous croyons que, quand on les y invitera, elles rendront au Seigneur ce qui est au Seigneur. Mais il y a d’autres gardiens des troupeaux du Peuple dont la libéralité sans limites et la stricte probité sont connues du monde entier. Ces gardiens peuvent être classés sous les dénominations de Ducs, de Marquis, de Comtes, de Lords, de Barons, de Baronets, d’Esquires, de Juges et de Pasteurs. Ils contribueront tous librement à notre glorieuse fête ; quelques-uns selon l’étendue du troupeau du Seigneur enverront cent moutons, d’autres vingt bœufs ; des charges de blé, de légumes et de fruits seront envoyées à chaque comité nommé par la voix du Seigneur. Ces dons distribués parmi le Peuple lui permettront pendant le Congrès de faire des lois à son aise sans que personne ne soit tourmenté par la crainte du besoin.

Le but du Congrès, ce qu’il aura à faire, ce sera de réformer la société ; car « du sommet de notre tête à la plante de nos pieds, il n’y a rien de sain en nous ». Nous devons rejeter la pourriture pour devenir sain. Voyons ce qui est pourri. Tout homme qui ne travaille pas est pourri ; il faut le mettre au travail pour le guérir de sa maladie. Non seulement la société est pourrie, mais la terre, la propriété, le capital se pourrissent. Il n’y a pas seulement quelques choses, mais beaucoup de choses de pourries dans le royaume d’Angleterre. Il faut faire circuler toutes choses, les hommes, la propriété et l’argent. Comme le sang se putréfie par la stagnation et s’appauvrit par trop de mouvement, de même la société s’est pourrie par trop de paresse d’un côté, trop de travail de l’autre. Tout homme doit être mis au travail et alors le travail deviendra si léger qu’il ne sera pas considéré comme un travail, mais comme un exercice salutaire. Peut-il rien y avoir de plus humain que l’objet de notre glorieux jour de fête qui est d’obtenir pour tous, avec la moindre dépense, la plus large somme de bonheur ?

Extraits traduits in: Edouard Dolléans, Le Chartisme, Paris, H. Floury, 1912, tome 1, pp. 128-140.
Tome 1
Tome 2

Grand National Holiday, and Congress of the Productive Classes


1 Antwort auf „William Benbow – Grande Fête Nationale et Congrès des classes productrices (extraits, 1832)“


  1. 1 Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Pingback am 22. Juli 2010 um 15:45 Uhr
Die Kommentarfunktion wurde für diesen Beitrag deaktiviert.