Karl Marx – Ein Verbrecher produziert Verbrechen (1861-1863)

Ein Philosoph produziert Ideen, ein Poet Gedichte, ein Pastor Predigten, ein Professor Kompendien usw. Ein Verbrecher produziert Verbrechen. Betrachtet man naeher den Zusammenhang dieses letztren Produktionszweigs mit dem Ganzen der Gesellschaft, so wird man von vielen Vorurteilen zurueckkommen. Der Verbrecher produziert nicht nur Verbrechen, sondern auch das Kriminalrecht und damit auch den Professor, der Vorlesungen ueber das Kriminalrecht haelt, und zudem das unvermeidliche Kompendium, worin dieser selbe Professor seine Vortraege als „Ware“ auf den allgemeinen Markt wirft. Damit tritt Vermehrung des Nationalreichtums ein. Ganz abgesehn von dem Privatgenuss, den, wie uns ein kompetenter Zeuge, Prof. Roscher, (/sagt,/) das Manuskript des Kompendiums seinem Urheber selbst gewaehrt.
Der Verbrecher produziert ferner die ganze Polizei und Kriminaljustiz, Schergen, Richter, Henker, Geschworene usw.; und alle diese verschiednen Gewerbszweige, die ebenso viele Kategorien der gesellschaftlichen Teilung der Arbeit bilden, entwickeln verschiedne Faehigkeiten des menschlichen Geistes, schaffen neue Beduerfnisse und neue Weisen ihrer Befriedigung. Die Tortur allein hat zu den sinnreichsten mechanischen Erfindungen Anlass gegeben und in der Produktion ihrer Werkzeuge eine Masse ehrsamer Handwerksleute beschaeftigt.
Der Verbrecher produziert einen Eindruck, teils moralisch, teils tragisch, je nachdem, und leistet so der Bewegung der moralischen und aesthetischen Gefuehle des Publikums einen „Dienst“. Er produziert nicht nur Kompendien ueber das Kriminalrecht, nicht nur Strafgesetzbuecher und damit Strafgesetzgeber, sondern auch Kunst, schoene Literatur, Romane und sogar Tragoedien, wie nicht nur Muellners „Schuld“ und Schillers „Raeuber“, sondern selbst „Oedipus“ und „Richard der Dritte“ beweisen. Der Verbrecher unterbricht die Monotonie und Alltagssicherheit des buergerlichen Lebens. Er bewahrt es damit vor Stagnation und ruft lene unruhige Spannung und Beweglichkeit hervor, ohne die selbst der Stachel der Konkurrenz abstumpfen wuerde. Er gibt so den produktiven Kraeften einen Sporn. Waehrend das Verbrechen einen Teil der ueberzaehligen Bevoelkerung dem Arbeitsmarkt entzieht und damit die Konkurrenz unter den Arbeitern vermindert, zu einem gewissen Punkt den Fall des Arbeitslohns unter das Minimum verhindert, absorbiert der Kampf gegen das Verbrechen einen andern Teil derselben Bevoelkerung. Der Verbrecher tritt so als eine jener natuerlichen „Ausgleichungen“ ein, die ein richtiges Niveau herstellen und eine ganze Perspektive „nuetzlicher“ Beschaeftigungszweige auftun.
Bis ins Detail koennen die Einwirkungen des Verbrechers auf die Entwicklung der Produktivkraft nachgewiesen werden. Waeren Schloesser je zu ihrer jetzigen Vollkommenheit gediehn, wenn es keine Diebe gaebe? Waere die Fabrikation von Banknoten zu ihrer gegenwaertigen Vollendung gediehn, gaebe es keine Falschmuenzer? Haette das Mikroskop seinen Weg in die gewoehnliche kommerzielle Sphaere gefunden (siehe Babbage) ohne Betrug im Handel? Verdankt die praktische Chemie nicht ebensoviel der Warenfaelschung und dem Bestreben, sie aufzudecken, als dem ehrlichen Produktionseifer? Das Verbrechen, durch die stets neuen Mittel des Angriffs auf das Eigentum, ruft stets neue Verteidigungsmittel ins Leben und wirkt damit ganz so produktiv wie strikes auf Erfindung von Maschinen. Und verlaesst man die Sphaere des Privatverbrechens: Ohne nationale Verbrechen, waere je der Weltmarkt entstanden? Ja, auch nur Nationen? Und ist der Baum der Suende nicht zugleich der Baum der Erkenntnis seit Adams Zeiten her? Mandeville in seiner „Fable of the Bees“ (1705) hatte schon die Produktivitaet aller moeglichen Berufsweisen usw. bewiesen und ueberhaupt die Tendenz dieses ganzen Arguments:
„Das, was wir in dieser Welt das Boese nennen, das moralische so gut wie das natuerliche, ist das grosse Prinzip, das uns zu sozialen Geschoepfen macht, die feste Basis, das Leben and die Stuetze aller Gewerbe und Beschaeftigungen ohne Ausnahme; hier haben wir den wahren Ursprung aller Kuenste und Wissenschaften zu suchen; und in dem Moment, da das Boese aufhoerte, muesste die Gesellschaft verderben, wenn nicht gar gaenzlich untergehen.“
Nur war Mandeville natuerlich unendlich kuehner und ehrlicher als die philisterhaften Apologeten der buergerlichen Gesellschaft.

Abschweifung (ueber produktive Arbeit)

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Un criminel produit des crimes

Un philosophe produit des idées, un poète des poèmes, un prêtre des sermons, un professeur des traités, etc. Un criminel produit des crimes. Si l’on regarde de plus près le rapport de cette dernière branche de la production au tout de la société, on reviendra de bien des préjugés. Le criminel ne produit pas seulement des crimes, mais aussi le droit criminel, et, par suite le professeur qui fait des cours de droit criminel, et l’inévitable traité grâce auquel ledit professeur jette comme « marchandise » ses conférences sur le marché général. Il se produit de la sorte une augmentation de la richesse nationale, abstraction faite du plaisir que le manuscrit du traité confère à son auteur, comme nous l’assure un témoin compétent, M. le professeur Roscher.
Le criminel produit d’autre part toute la police et la justice criminelle, les sbires, juges, bourreaux, jurés, etc. ; et tous les différents métiers, qui constituent autant de catégories de la division sociale du travail, développent des capacités différentes de l’esprit humain, créent de nouveaux besoins et, respectivement, de nouveaux modes de satisfaction. Ainsi, la torture a donné lieu aux inventions mécaniques les plus fécondes, et elle a occupé quantité d’honnêtes artisans à la production de ses instruments.
Le criminel produit un effet tantôt moral, tantôt tragique, c’est selon ; ainsi rend-il « service » aux sentiments moraux et esthétiques du public. Il ne produit point uniquement des traités de droit criminel et le Code pénal, partant, des législateurs de droit criminel, mais encore de l’art, de la littérature, des romans et même des tragédies, comme cela est prouvé par la Culpabilité de Müllner, les Brigands de Schiller, et même par l’Oedipe et le Richard III. Le criminel rompt la monotonie et la sécurité quotidienne, banale, de la vie bourgeoise. Il empêche la stagnation et suscite cette tension et cette mobilité inquiètes, sans lesquelles l’aiguillon de la concurrence lui-même s’émousserait. Il stimule ainsi les forces productives. Alors que le marché élimine une partie de la population excédentaire du marché du travail, diminuant par conséquent la concurrence parmi les ouvriers, et empêche à un certain point le salaire de tomber au dessous du minimum, la lutte contre le crime absorbe une autre partie de cette population. Ainsi le criminel joue le rôle d’une de ces « compensations » qui opèrent un nivellement approprié, et ouvrent mainte perspective à des professions « utiles ».
Les répercussions du crime sur le développement des forces productives peuvent être établies jusque dans les détails. Y aurait-il jamais eu des serrures aussi perfectionnées qu’il en existe actuellement s’il n’y avait point eu des voleurs ? La fabrication des billets de banque auraient-elle atteint son degré de perfectionnement actuel s’il n’y avait pas de faussaires ? Est-ce que le microscope aurait été introduit dans le commerce courant (voir Babbage) sans trafic frauduleux ? La chimie pratique ne doit-elle pas autant à la falsification des produits et à l’effort pour la détecter qu’à l’honnête zèle du producteur ? Le crime, par ses moyens toujours nouveaux d’attaquer la propriété, fait continuellement surgir de nouveaux moyens de défense, et agit ainsi d’une façon tout aussi productive sur l’invention des machines que les grèves.
Et si nous quittons la sphère du crime privé, est-ce que le marché mondial aurait jamais vu le jour sans crimes nationaux ? Et les nations mêmes se seraient-elles formés ? L’arbre du péché n’est-il pas aussi l’arbre de la connaissance, et cela depuis Adam ? Dans sa Fable des abeilles (1705), Mandeville avait déjà montré la productivité de toutes les diverses professions possibles, et il avait dégagé la tendance générale de l’argument que voici :
« Ce que, dans ce monde, nous appelons le mal, tant moral que naturel, c’est le grand principe qui fait de nous des êtres sociaux, c’est la base, la vie et le point d’appui de tous les métiers et de toutes les occupations sans exception, c’est ici qu’il faut chercher la véritable origine de tous les arts et de toutes les sciences ; et […] du moment où le mal n’existerait plus, la société serait condamnée au déclin, sinon à périr totalement. »
Il est évident que Mandeville est infiniment plus audacieux et honnête que les philistins apologistes de la société bourgeoise.

Karl Marx : Manuscrits économiques 1861-1863.
(Traduction Jean Malaquais et Maximilien Rubel)


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  2. 2 From the archive of struggle no.47 « Poumista Pingback am 23. April 2010 um 17:19 Uhr
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