Arnold Roller [Siegfried Nacht] & Max Nacht – Les Chants du Révolté (1906)


Nous croyons pouvoir nous passer d’une longue préface pour ce Chansonnier révolutionnaire et international.
La signification et la portée de la chanson révolutionnaire – expression de nos luttes, de nos souffrances, de nos espoirs – n’échappent point aux camarades des pays de langue latine, qui savent merveilleusement s’en servir au cours des manifestations de propagande ainsi que pendant les heures intimes entre compagnons et amis.
Ce recueil des chansons révolutionnaires les plus en vogue dans les différents idiomes sera accueilli avec joie par le trimardeur anarchiste qui, traqué de pays en pays et se retrouvant parmi les camarades d’autres langues, pourra ainsi en quelque sorte en partager l’enthousiasme, en chantant avec eux les hymnes de liberté et de révolte. Dans certaines villes de refuge – bien inhospitalières, du reste – telles que Paris, Londres, Genève, Zurich, etc., nombre de révoltés cosmopolites se rencontrent dans les réunions ou dans les manifestations ; aux accords enthousiastes, aux chants de combat des camarades dont, à travers l’existence bohémienne de bannis, de pourchassés, ils ont appris la langue, ils joignent leurs accents et leurs cœurs se sentent engaillardis, enflammés de passion combative, de haine pour les oppresseurs, d’espérance dans l’action libératrice de l’imminente Révolution sociale. Italiens et Espagnols, Russes, Polonais, Juifs, Allemands ne les entend-on pas souvent, pendant les manifestations socialistes et libertaires de Paris, entonner d’un commun accord avec les camarades français l’entraînante « Internationale » ?
Chacun aura donc les chansons révolutionnaires de sa langue et celles des camarades des autres pays. Ainsi nous croyons, en même temps, avoir contribué un peu, par cette édition, au développement de l’esprit internationaliste.
Aux chansons françaises les plus connues et les plus chantées, nous en avons ajouté quelques-unes parmi les anciennes et presqu’oubliées, mais qui, comme celles du Père Lapurge, se distinguent par leur allure hardie et crâne. Des autres langues nous avons choisi les plus belles et les plus populaires.
Ce chansonnier sera donc le camarade de route du trimardeur, du « chevalier errant » de la Révolution, l’ami, le consolateur du prisonnier libertaire, qui y aura appris par cœur les chansons préférées. Le son et les paroles de ces chants empêcheront nos haines de s’apaiser et maintiendront en éveil nos désirs de juste vengeance, de lutte pour l’Emancipation. LES EDITEURS.

Préface au Chansonnier international du Révolté


1 Antwort auf „Arnold Roller [Siegfried Nacht] & Max Nacht – Les Chants du Révolté (1906)“


  1. 1 Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Pingback am 23. März 2010 um 15:41 Uhr
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