Critique de l’autogestion…

[D’après l’idéologie conseilliste/autogestionnaire] c’est à partir de l’entreprise capitaliste que doit se réorganiser la production par les travailleurs eux-mêmes, transformant ainsi le mode de production capitaliste en mode de production socialiste. Cette vision mécaniste de la révolution conserve toutes les caractéristiques de la production capitaliste car la division de la production (qui recouvre la division du travail) en de multiples entreprises concurrentes est un produit du capitalisme et de ses propres nécessités. L’existence de chaque entreprise correspond aux exigences internes de ce mode de production (valorisation-concurrence) et ne peut survivre à sa destruction. Autogérer les entreprises revient à autogérer la production capitaliste et ce n’est pas les bonnes volontés de faire autrement qui peuvent y changer quelque chose. La révolution ne peut que détruire les limites de l’entreprise, c’est-à-dire détruire totalement les entreprises inutiles (armement par exemple) et relier entre elles les autres pour faire apparaître un mode production unitaire, social, où, de fait, les rapports de production capitaliste sont détruits (salariat, plus-value, valeur d’échange, etc.) car les fondement de ces rapports, les entreprises, n’existent plus.

(Rupture dans la théorie de la révolution, Senonevero 2003, p. 317 : « Contre-interprétation du ‘Contre-planing dans l’atelier’ »)