Guy debord – Abidjan (1986)

Abidjan, capitale de la République de Côte d’Ivoire : 921000 habitants selon l’estimation de 1979. C’était, il y a un siècle, une bourgade appelée Grand Bassam, résidence du gouverneur colonial. Maintenant, c’est une des villes les plus modernes de l’Afrique. La même architecture de pacotille hâtive que les Européens ont construite chez eux depuis trente ans y exprime la fierté de la nouvelle classe dirigeante indigène. L’indigène prolétarisé, et chassé de la terre qu’il cultivait, s’y accumule, comme ailleurs, dans d’immenses bidonvilles. Le port d’Abidjan exporte, pour le marché mondial, du cacao, du café, de la banane, du bois rond, de l’or, des diamants, du manganèse, et déjà un début de production autochtone de textiles. Il importe, d’abord de France, les articles manufacturés, la technologie et les produits agro-alimentaires dont le pays a besoin, pour faire moderne justement, et pour manger.

In: Lettre de Guy Debord à Jaime Semprun, du 14 avril 1986.


1 Antwort auf „Guy debord – Abidjan (1986)“


  1. 1 Neues aus den Archiven der radikalen (und nicht so radikalen) Linken « Entdinglichung Pingback am 11. Januar 2010 um 15:06 Uhr
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