Archiv für Dezember 2009

Luis Buñuel – Las Hurdes – Terre sans pain (1932)

Terre sans pain / Las Hurdes
1933 | 27 min.

En 1932, Buñuel se rend dans une des régions les plus reculées d’Espagne : les Hurdes, entre Caceres et Salamanque. Il en rapporte les violentes images de l’extrême misère de ses habitants.
Ce film a été financée par un vol de banque et filmé avec une caméra empruntée. Interdit, sa première projection publique a eu lieu en France en 1937.

(Via AntiCopyright)

« Incendie et mitrailleuse sont les deux mamelles de la France »

« Pour nous la France n’existe pas » – Les surréalistes contre la Patrie, la Nation et l’Identité nationale

À l’heure où quasiment tous les intellectuels de gauche de France hésitent à prendre parti autrement que de façon purement électoraliste contre Sarkozy et l’UMP en lorgnant vers un des composantes de la gauche pourrielle, à l’heure où le PCF, le Parti de Gauche et le PS défendent le nationalisme républicain, ces quelques citations rafraîchissantes des surréalistes pour bien commencer l’année 2010 :

« Ouvrez les prisons licenciez l’armée »

(La Révolution surréaliste n°1 décembre 1924)

« A bas le clair génie français »

Michel Leiris : « Vive Abd-el-Krim ! » « A bas la France ! »

Paul Eluard : « Incendie et mitrailleuse sont les deux mamelles de la France. »

« Peu nous importe la création. Nous souhaitons de toutes nos forces que les révolutions, les guer-res et les insurrections coloniales viennent anéantir cette civilisation occidentale dont vous défendez jusqu’en Orient la vermine et nous appelons cette destruction comme l’état de choses le moins inacceptable pour l’esprit. » (Tracts surréalistes et déclarations collectives 1922-1939, tome 1, p. 50.)

« Nous saisissons cette occasion pour nous désolidariser publiquement de tout ce qui est français, en paroles et en actions. » (ibid.)

Louis Aragon : « puisqu’au nom de la France on peut envoyer des hommes à la mort, que cette idée, comme toutes les idées nationales, disparaisse de la terre. Le fanatisme des patriotes toujours menaçant, je le combattrai partout où je le rencontrerai. Athée de leur religion (la religion du nationalisme), qu’ils me brûlent, puisque nous en sommes encore au temps de l’Inquisition et de la Censure. » (15 juillet 1925, ibid)

Louis Aragon : « « Mais permettez-moi, Messieurs, pour cette raison même, de vous reprocher d’avoir, dans un but sans doute politique, employé pour en appeler à tous, diverses expressions qui sont du langage nationaliste : indépendance, souveraineté nationale, droit imprescriptible des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il n’y a pas de peuples pour moi, à peine si j’entends ce mot au singulier. Enfin je n’admets pas que vous vous adressiez à ceux qui se disent, à quelque titre que ce soit, anciens combattants ; je tiens tout homme qui se pare d’un pareil nom pour un con ou un escroc. Je suis, Messieurs, à vos côtés contre la patrie. » (ibid)

Louis Aragon « Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne c’est l’idée de Patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit. » (ibid).

Louis Aragon « Mais permettez-moi, Messieurs, pour cette raison même, de vous reprocher d’avoir, dans un but sans doute politique, employé pour en appeler à tous, diverses expressions qui sont du langage nationaliste : indépendance, souveraineté nationale, droit imprescriptible des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il n’y a pas de peuples pour moi, à peine si j’entends ce mot au singulier. Enfin je n’admets pas que vous vous adressiez à ceux qui se disent, à quelque titre que ce soit, anciens combattants ; je tiens tout homme qui se pare d’un pareil nom pour un con ou un escroc. Je suis, Messieurs, à vos côtés contre la patrie. » (ibid)

Louis Aragon « En tant que, pour la plupart, mobilisables et destinés officiellement à revêtir l’abjecte capote bleu-horizon, nous repoussons énergiquement et de toutes manières pour l’avenir l’idée d’un assujettissement de cet ordre, étant donné que pour nous la France n’existe pas » (ibid.)

Toutes ces citations sont extraites de l’article « L’histoire oubliée des surréalistes et la guerre du Rif » http://www.souss.com/L-histoire-oubliee-des.html

(Ni patrie ni frontières)

Albert Libertad – Que crève le vieux monde ! (1906)

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an ! La voix claire de l’enfant et la voix cassé du vieillard entonnent la même ballade : la ballade des vœux et souhaits. L’ouvrier à son patron, le débiteur à son créancier, le locataire à son propriétaire disent la ritournelle de la bonne et heureuse année. Le pauvre et la pauvresse s’en vont par les rues chanter la complainte de la longue vie.
Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !
Il faut que l’on rie ! Il faut que l’on se réjouisse. Que toutes les figures prennent un air de fête. Que toutes les lèvres laissent échapper les meilleurs souhaits. Que sur toutes les faces se dessine le rictus de la joie.
C’est le jour du mensonge officiel, de l’hypocrisie sociale, de la charité pharisienne. C’est le jour du vernis et du convenu.
Les faces s’illuminent et les maisons s’éclairent ! Et l’estomac est noir et la maison est vide. Tout est apparent, tout est façade, tout est leurre, tout est tromperie ! La main qui vous accueille est un rictus ou une grimace. Le souhait qui vous reçoit est un blasphème ou une moquerie.
Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.
On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine à couper ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de la douleur, toujours la même.
Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mot d’amitié : ricanements d’hypocrisie et de mensonges.
Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…
Bonne vie à toi patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service…
Bonne vie, bonne vie à tous ! boulangers, épiciers, débitants qui enserriez ma misère de vos péages honteux et qui teniez commerce de chacun de mes besoins, de chacun de mes désirs.
Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi, l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, catalogué du mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ?
Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?
Vous voulez des vœux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étends mes membres et qui me vend l’air que je respire ! Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps.
Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !
Que crèvent les catalogués de tous sexes avec qui les désirs humains ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !
Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crève le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !
Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.
Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !
Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas. Ce jour-là, c’est la répétition d tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Face glabres et masques de joie.
La caresse de la putain a comme équivalent le sourire de la femme mariée. Et la défense du maquereau est pareille à la protection de l’époux. Truquages et intérêts.
Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.
Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.
Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lute et d’antagonismes.
Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.
La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur : que crève le vieux monde !
Les faces s’illuminent et les maisons s’éclairent ! Et l’estomac est noir et la maison est vide. Tout est apparent, tout est façade, tout est leurre, tout est tromperie ! La main qui vous accueille est un rictus ou une grimace. Le souhait qui vous reçoit est un blasphème ou une moquerie
Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.
On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine à couper ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de la douleur, toujours la même.
Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mot d’amitié : ricanements d’hypocrisie et de mensonges.
Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…
Bonne vie à toi patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service…
Bonne vie, bonne vie à tous ! boulangers, épiciers, débitants qui enserriez ma misère de vos péages honteux et qui teniez commerce de chacun de mes besoins, de chacun de mes désirs.
Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi, l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, catalogué du mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ?
Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?
Vous voulez des vœux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étend mes membres et qui me vend l’air que je respire !
Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps.
Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !
Que crèvent les catalogués de tous sexes avec qui les désirs humains ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !
Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crève le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !
Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.
Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !
Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas. Ce jour-là, c’est la répétition d tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Face glabres et masques de joie.
La caresse de la putain a comme équivalent le sourire de la femme mariée. Et la défense du maquereau est pareille à la protection de l’époux. Truquages et intérêts.
Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.
Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.
Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lute et d’antagonismes.
Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.
La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur : que crève le vieux monde !

Albert Libertad dans L’anarchie, 27 décembre 1906.

Villiers de L’Isle-Adam – Chez les passants (1890)

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Gustav Landauer – Polizisten und Mörder (1910)

Die allabendliche Straßenschlacht in Moabit ist abgebrochen worden. Man war unter Beihilfe der Geheimpolizei so täppisch, ausländische Reporter — kommandierende Generäle nach dem Worte des Prinzen Heinrich — zu attackieren, es drohten diplomatische Zwischenfälle — man sah bei dieser Gelegenheit wieder, wie beliebt wir im Ausland sind — und da war’s schnell vorbei.
Um diese Zeit herum las man an unauffälliger Stelle in den Lokalnachrichten Berliner Zeitungen das folgende:
»Schutzleute als Lebensretter. — Der vierundzwanzig Jahre alte Techniker Heinrich Samse aus der Turmstraße 65 hatte die Nacht zum Sonntag in fröhlicher Gesellschaft zugebracht. Gegen Morgen unternahm er in gehobener Stimmung einen Spaziergang nach dem Verbindungskanal. In der Schlaftrunkenheit geriet er auf den zum Rohlenplatz der Firma Ernst Rupfer & Co. am Kanal entlang führenden Privatweg und stürzte dort die fünf Meter hohe, steile Böschung hinab ins Wasser. Seine Hilferufe wurden von den in den Baracken untergebrachten Schutzleuten gehört, die sich sofort an das Rettungswerk machten und den im Sumpf bereits besinnungslosen jungen Mann retteten. Die Wiederbelebungsversuche waren von Erfolg gekrönt.«
Diese Schutzleute waren auf dem Kohlenplatz der Firma Ernst Kupf er & Co. zum Schutze der Arbeitswilligen stationiert, und in jener Nacht waren sie auf den Befehl ihrer Vorgesetzten sofort mit Säbeln und Pistolen auf die Straßen gerannt und hätten, wenn sie eine »Zusammenrottung« erblickt hätten, was ihnen in den Weg kam, Demonstranten, Passanten, Frauen und Greise massakriert. Aber statt dessen horten sie den jämmerlichen Hilfeschrei eines Betrunkenen, der ertrinken wollte. Und sprangen aus dem Schlafe und retteten den Ärmsten mit eigner Lebensgefahr. »Das ist der entscheidende Punkt der menschlichen Psychologie. Wenn die Menschen nicht auf dem Schlachtfeld zum Rasen gebracht werden, können sie es nicht aushalten, Hilferufe zu hören, ohne Hilfe zu leisten.« (Kropotkin, Gegenseitige Hilfe.)
Karl Koppius ist in Leipzig wegen Mordes in zwei Fällen, wegen vierfachen Mordversuches, schweren Raubes und schwerer Erpressung zum Tode oder, wie es in der entmenschten Juristensprache heißt, zweimal zum Tode und zu fünfzehn Jahren Zuchthaus verurteilt worden. Was er mit seinem Bruder zusammen getan hat, ist aus den Zeitungsberichten bekannt. Er hat in der ganzen Verhandlung starke Energie, entschiedenen Geist und Witz und nur einmal Bedauern gezeigt : als er darauf zu sprechen kam, wie er an einem unglücklichen Tag, als er körperlich schlecht disponiert war, von seinen Verfolgern, die er verächtlich als Idioten bezeichnet, überwältigt und gefangen wurde. In seinen Briefen und Äußerungen spricht sich weitaus stärker, als man es sonst von Mordprozessen her kennt, die soziale Wut aus. Er hat auch heute noch nicht die Spur einer Mitleidsregung mit seinen Opfern: er hatte Hunger, sie hätten mehr Geld als sie brauchten; Todfeinde, basta. Diesem Mann hat es von Natur aus an nichts gefehlt, um ein wertvoller, vielleicht ein bedeutender Mensch zu werden: starkes Denken, Stolz, Empfindung, Phantasie, alles hatte er; und seine kindische, übrigens durchaus stereotype Verbrechereitelkeit kommt ganz vom Mangel an Bildung oder Heuchelei, wie man’s nennen will. All seine ungeheure Roheit und Erbarmungslosigkeit ist Schuld der Gesellschaft, die ihn nicht aufkommen, die ihn nicht zu seinem Berufe, die ihn nicht zur Übung des Denkens kommen ließ. Aber auch so sind mehrere seiner Aussprüche durchaus des Merkens und Aufbewahrens wert, und es wäre zu wünschen, daß ein ausführlicher Prozeßbericht mit der wörtlichen Wiedergabe seiner Briefe erschiene. Jetzt sind wir auf die ungenauen Angaben der Tagespresse angewiesen. Er schreibt, die großen Verbrecher, die nach dem Grundsatz handeln: Quidquid agis, prudenter agas et respice finem (Was du auch tust, tue es klug und bedenke das Ende), seien seltener als die großen Diamanten. Er spricht von den selbstzufriedenen Philistern; ernennt auch die, die prassen und Tausende verhungern lassen, Mörder. »Die ganze Gesellschaft, die Jesum Christum anbetet, und von Ethik und Ästhetik überfließt, mordet.« »Alle Verbrechen sind nur das Spiegelbild der heutigen Gesellschaft. « Er spricht von den » Preßpiraten und Preßparasiten und andern Clowns, die vom Leben so viel verstehen wie der Ochse vom Sonntag«. Er erklärt, er selber habe keine Spur von Moral in sich und keinerlei Respekt vor der Gottähnlichkeit der Reichen. Vieles von alledem mag angelesen und nicht originell sein; aber er hat es durch den ingrimmigen Volkston seiner Sprache zu seinem Eigengut gemacht; und vor allem: in dem Munde eines Mannes, der so furchtbar getan hat, wie er dachte, wirken solche Worte wie das, was wir unmittelbare Eingebungen eines Genies nennen, obwohl es ja auch nur Weiterleben des immer Gewesenen ist.
Kurz vorher, als Karl Koppius noch beim Militär stand, machte er den Eindruck eines seltenen warmen Menschen von Gefùhl und rührend-liebenswürdiger Phantasie. Er machte den Eindruck, er war so. Der Offizier, bei dem er diente, hatte ein Kind, das Karl Koppius liebgewonnen hatte; in der Nacht vor dem Geburtstag des Kindes stand er auf, um in heimlicher Liebe das Bett des Knaben mit Blumen zu überschütten.
Diesen glühenden Jüngling hat die Gesellschaft zum wilden Menschenfeind, zum Räuber und Mörder gemacht. Und nun wird sie diesem ihrem eigenen Kind, damit die Schande aus der Welt kommt, den Kopf abhacken. Wollten wir diesem Menschen die gräßlichen Wochen, die zwischen der Verurteilung und der Vollstreckung liegen, ein wenig erleichtern, ihm irgendein Liebes tun, und wär’s auch nur, daß wir ihm von den Blumen in seinen Kerker schickten, die er einst über das Bett eines verzärtelten Knaben gestreut hat, — es würde von der zu Stein gewordenen Gerechtigkeit alles als äußerst unstatthaft zurückgewiesen werden. Wir können nichts für ihn tun. Er hat viel für uns getan, wenn wir uns sein Schicksal zu Herzen, zu Hirn, zu Hand gehen lassen.
Karl Koppius war ein Mensch wie wir. Die Polizisten, die in Moabit massakriert haben, sind Menschen wie wir. Die Streikbrecher sind genau dieselben Menschen wie die Streikenden, und oft genug die nämlichen Personen, nur in verschiedenen Jahren. An unsrer Natur, unserm Wesen, unsrer Menschenart liegt’s nicht, daß es so grauenhaft zwischen uns hergeht. Das ist schuld, was zwischen uns hergeht, daß wir nicht das halten, was wir versprechen; daß wir nicht das sind, was wir doch sind. Besser wird’s erst, wenn die Menschen keine Rolle mehr spielen; wenn sie sich so zu einander verhalten, das heißt so ihre Verhältnisse zu einander ordnen, wie jeder in Wahrheit ist. Heute ist’s so, daß die Kleider, die wir umhängen haben, einander auf Leben und Tod bekämpfen, daß aber die lebendigen Menschen an Leib und Seele die Wunden davontragen. Der Waffenrock und die Arbeitsbluse sind heute die Dirigenten des Lebens; das Fleisch und Blut, das darin steckt, ist der mechanische und folgsame Automat. Stellt die Ordnung der Natur wieder her; verstehet das Wort des weisen Sokrates: Erkenne dich selbst! Erkenne dich selbst, wie du wahrhaft bist, hinter all dem Plunder, den du umhängen hast, und handle nicht nach den Gesetzen des Plunders, sondern nach dem Wesen des Menschen. Erkenne dich selbst, deinen Nächsten und Gleichen, in dem, der vor dir steht; erkenne ihn hinter der Larve, die er angetan hat wie du. Alle mit einander sind wir nackte Menschenleiber und lassen uns tief ins Fleisch hinein peinigen und ins Blut hinein vergiften von den Nessusgewändern dieser verruchten Fratzengesellschaft, die keiner sein will und die jeder doch ist.

(in: G. Landauer, Zwang und Befreiung, Köln, Hegner, 1968, S. 222-226)