A contretemps – Stig Dagerman (2003)

C ’est plutôt tardivement et assez modestement que la presse libertaire de langue française s’est intéressée à Stig Dagerman (1923-1954), écrivain anarchiste suédois. Il a même fallu attendre la récente réédition, chez Agone, de l’Île des condamnés et la publication, chez le même vaillant éditeur, de la Dictature du chagrin et autres écrits politiques (1945-1950) pour que, de-ci de-là, l’on commence à s’intéresser à lui et à parcourir son œuvre. Dagerman, c’est vrai, fut tout le contraire d’un propagandiste, plutôt un anarchiste existentiel trop enclin au doute et à la lucidité pour se satisfaire d’un catéchisme, fût-il libertaire. Du côté de la critique littéraire dite grand public, de même, il arriva qu’on louât le talent brouillon du Suédois, mais un peu du bout de la plume, en lui octroyant un statut de camusien nordique tout juste bon à alimenter quelques courtes chroniques où son anarchisme était systématiquement passé sous silence. En bref, pendant longtemps, Dagerman ne fut certes pas un écrivain maudit, mais simplement un auteur mal compris.

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A contretemps n°12 (juin 2003)