Jehan Rictus – Le Cœur populaire (1914)

Berceuse pour un pas-de-chance

[…]

Le turbin a pris ma jeunesse,
Ma santé, ma joie, mes désirs ;
Et vioque on m’a laissé moisir,
Seul et nu devant la Richesse

Et quand à ces gas économes
J’ai d’mandé un peu d’pain oud’pèze ;
Y m’ont cité les « Droits de l’Homme »
Et m’ont chanté la « Marseillaise »

[Jehan Rictus, Le Cœur populaire : poèmes, doléances, ballades, plaintes, complaintes, récits, chants de misère et d’amour en langue populaire (1900-1913), Paris, Eugène Rey, 1914, pp. 136-138]