Théorie Communiste – Le taylorisme comme nouvelle organisation du travail (2004)

Ce que Taylor et Ford n’étaient finalement parvenus à faire que dans un petit secteur de l’activité économique (les ateliers de fabrication de l’industrie en série), s’impose partout. Le taylorisme est maintenant en train de devenir le mode de travail dominant dans la totalité des activités économiques. La nouvelle organisation du travail, c’est le taylorisme. Si le travail à la chaîne continue de progresser, il ne concerne en France qu’autour de 5 % des salariés, là n’est pas la nouveauté du taylorisme (même si la chaîne n’est plus celle des années 1960). La nouveauté réside dans son extension et dans l’application de ses principes autrement que par la forme de la chaîne : contrainte de qualité et de délai, travail sous cadence imposée (presse à injecter le plastique ou bac à frites dans un fast-food), travail répétitif (+50 % dans les années 1980, selon les déclarations des salariés dans une enquête du ministère du travail), rythme de travail imposé par la dépendance d’un collègue, extension du champ des normes dans l’entreprise, demande des clients… Devenue contre-productive à la fin des années 1960, la taylorisation des tâches a retrouvé (et bien au-delà) sa dynamique après la crise des années 1970. Le travail n’a pas été « humanisé », la discipline est celle de nouvelles formes de rémunérations, de primes et de sanctions, de nouveaux critère de promotion, elle est celle du système des « flux », de la « qualité », du « groupe », de la polyvalence, elle est celle de la crainte du chômage.

(Théorie Communiste n°19, juin 2004)


1 Antwort auf „Théorie Communiste – Le taylorisme comme nouvelle organisation du travail (2004)“


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