Archiv für November 2009

À bas les restaurants !

Prole.info

Dans le monde, une classe en lutte (décembre 2009)

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Cinq thèses fondamentales sur le capitalisme d’aujourd’hui

1 .- Le capitalisme est une RELATION SOCIALE qui se noue entre les capitalistes, qui achètent la marchandise force de travail, et le prolétariat, qui vend sa force de travail contre un salaire.

2 .- Le capitalisme est une RELATION HISTORIQUE entre deux classes antagoniques, relation qui contraint et force la majorité de la population à vendre sa force de travail au Capital en échange d’un salaire. (Sans ce processus historique d’accumulation primitive du capital et d’expropriation et d’expulsion des paysans des communautés rurales vers les usines et les grands centres industriels, la relation sociale évoquée au point 1 n’existerait pas).

3 .- Le capitalisme crée un conflit, ou une CONTRADICTION, entre le développement social des forces productives et les relations sociales de production actuelles, fondées sur l’appropriation privée de la valeur, qui ne correspond pas au caractère social de ces forces productives. Cela se traduit par une répartition inégale de la richesse dans le monde : en 2007, trois citoyens américains (Bill Gates, Paul Allen et Warren Buffett) possédaient, ensemble, une fortune supérieure au PIB des 42 pays les plus pauvres, où vivent 600 millions de personnes ; les revenus des 356 personnes les plus riches du monde dépassent le revenu annuel de 40% de l’humanité ; les États-Unis représentent 6% de la population mondiale, mais consomment 48% de la richesse totale de la planète.

4 .- On se trouve aujourd’hui face à une crise (qui a commencé au milieu des années 1970), des rapports de production capitalistes, rapports qui ne garantissent plus le processus de reproduction de la force de travail. Une énorme armée de réserve industrielle (mondiale) apparaît en raison de l’insuffisante absorption de la force de travail dans le processus de production capitaliste, ce qui à son tour produit de nouveaux phénomènes :
a. – le démantèlement des acquis sociaux du soi-disant Etat-providence ;
b. – l’exclusion de pays et de continents entiers du processus de production capitaliste ; on assiste à des migrations massives à cause de raisons économiques, de guerres ou de catastrophes naturelles, sans que pour autant le moindre pays ou la moindre région du monde ne leur « offre » autre chose qu’un accueil partiel et sélectif ;
c. – les processus d’accumulation primitive du capital en Chine et en Inde ;
d. – les limites écologiques à l’exploitation massive et aveugle des ressources naturelles, sans que soient prises des mesures efficaces contre la pollution. L’espèce humaine est en danger d’extinction, sans que des mesures adéquates de prévention soient mises en place ;
e. – l’émergence de multiples poches et secteurs de travail pour les enfants réduits en esclavage ;
f. – l’apparition d’une économie virtuelle, résultat d’une énorme spéculation financière incontrôlée, qui provoque une coupure irréconciliable avec l’économie réelle, d’où le risque accru de crises financières et d’une dépression économique ;
g. – des guerres impérialistes pour le contrôle du pétrole et d’autres ressources naturelles ;
h. – la croissance économique sans création d’emplois ;
i. – Le développement du toyotisme, ou de nouvelles formes d’organisation industrielle pour accroître la productivité du travail, la flexibilité de la force de travail (sur le plan des salaires comme de la disponibilité spatiale des travailleurs) ; détruire les acquis sociaux de l’Etat-providence ; et empêcher la création d’associations syndicales dont l’action déborde le strict cadre de l’entreprise.
j. – Au Japon, le toyotisme est apparu dans les années 1950 pour répondre aux besoins militaires des États-Unis durant la guerre de Corée. Les syndicats nationaux ont été détruits manu militari, et remplacés par des organisations dociles. Les grandes entreprises se sont concentrées dans des cartels qui dominent le pays de façon despotique. On a créé des cercles de qualité qui ont réussi à imposer la concurrence entre travailleurs comme une norme pour atteindre les objectifs de l’entreprise. Le phénomène de la sous-traitance à d’autres entreprises s’est développé, favorisant une échelle de salaires qui diminue à chaque échelon de la sous-traitance. La tension au travail s’est accentuée, devenant un phénomène « normal » , qui provoque environ 10 000 décès par an à cause de ce qu’on appelle le karoshi. « Karoshi » est un mot composé de deux termes « karo » et « shi », qui signifient respectivement « surmenage » et « mort ». L’expression signifie donc « mort subite suite à une surchage de travail », en d’autres termes un décès dû au stress.

5 .- Le communisme n’est pas un BEL IDEAL, mais UNE NECESSITE MATERIELLE, dont les bases ont été posées par le capitalisme, grâce à une croissance des forces productives qui peut assurer aujourd’hui une société qui couvre déjà tous les besoins matériels de l’humanité.
Marx, dans « L’idéologie allemande » définit le communisme comme « le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ». Il situe la conscience révolutionnaire dans l’existence d’une classe révolutionnaire, et définit explicitement la conscience révolutionnaire comme une émanation historique du prolétariat exploité. La continuité avec les « Thèses sur Feuerbach », qui stipulent que les éducateurs doivent aussi être éduqués, est évidente. Dans ces deux textes, Marx rejetait déjà tous les prétendus « sauveurs » du prolétariat, tous ceux qui croient que ce sont les intellectuels et les dirigeants, dont personne n’a besoin, qui apporteront, de l’extérieur de la classe ouvrière, la conscience communiste aux humbles travailleurs.
Le communisme n’est pas un bel idéal mais une nécessité matérielle, et la seule solution réaliste face aux crises du capitalisme, dans sa phase actuelle de décadence.

Communisme ou barbarie.

BALANCE, Cuadernos de historia, 11 octobre 2008

(Traduit de l’espagnol par la revue Ni patrie ni frontières)

Arbeit – Gemeinschaft – Politik – Krieg

Prole.info

C7H16 – Hip-Hop Street-CD (2005)

G LA RAGE ET JE LA GARDE
À l’entrée de l’hiver, les banlieues ont cramé et c’est tant mieux. Parqués dans l’urbanité du capitalisme, n’ayant plus rien à espérer, à gagner… beaucoup se sont payés quelques feux de joie.
Tout semble avoir été dit sur les événements. De l’anthropologie à la phraséologie gauchiste, des visions de complots aux rengaines fascistes. Pourtant, parmi tout ça, nos voix ne sont pas passées. Mais la révolte, en acte, elle, était bien parlante.
Expression de la colère, les émeutiers ont pu taper du poing sur la table.Taper fort et au plus près. Des voitures pour crier sa rage, se faire entendre. Attaquer les bâtiments qui représentent le quotidien et l’ennui : école, bus, mairie, CAF, Assedic…
Ça a été les hélicoptères autour de nos têtes la nuit, le couvre-feu et pourquoi pas l’armée. Pour finir la guerre. Ou alors balancer du fric à toute la clique associative, des boulots de larbins pour faire patienter. Mais l’on ne quémande pas un boulot, c’est la vie entière que l’on veut bouffer.
Là-dessus, ils font leurs petits jeux politiciens, la campagne des présidentielles est déjà commencée. Rien à foutre, si Sarkozy est détesté, le prochain ministre de l’intérieur le sera aussi.
Maintenant, ils nous bassinent avec leurs sociologues, leurs plans pour civiliser la banlieue.
Certains se la ramènent, à coup de dialogue, de place de citoyen et, encore une fois nous ramène leur connerie de bulletin de vote. Hey, Joey Starr, t’as fait ta place au soleil à l’époque des bandes et des embrouilles. Et ça t’a bien servi, alors viens pas nous faire des leçon aujourd’hui. Lilian Thuram, t’es bien gentil, mais pendant ke tu chantes la Marseillaise, nous on la siffle. Nous on joue au foot sans crampons, et, si on en met, c’est pour mieux éclater des genoux, OK ?! Aussi, on n’oublie pas les appels au calme, les violences condamnées et la fatwa contre les émeutes.
Chacun tire la couverture à soi. Et alors, ça fera revenir nos copains butés par la police, ceux qui croupissent en taule, ceux raflés et foutus dans des avions… ? Notre haine n’est pas négociable, de génération en génération, c’est la même carotte.
Affronter l’Etat et ses représentations, ceux qui se pavanent pendant que l’on galère.Voilà le sens des émeutiers, de ceux qui ont la rage, de ceux qui ne veulent pas de la vie à laquelle on est condamné.
Y a rien de nouveau et rien n’est fini, ça ne fait que commencer. Le feu s’est propagé partout.
Et il se propagera, de nouveau, de lui-même, car cette révolte est plus profonde que tous les mots d’ordre.

RaDiKal KrOoNeRz – Brasero

Scherzo – Ta démocratie mon œil

INSA3K2N – Kidnapping

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