Raoul Brémond – La Communauté (1938)

PDF (via Les classiques des sciences sociales)

Senna Hoy – Je regrette (1914)

Je regrette

Qu’est-ce qu’avoir vécu et connu, avoir su et voulu, avoir semé et moissonné,

Quand on ne sera bientôt plus et que le monde – qui sait ? – durera des éternités,

Quand il y a tant d’actes qu’on n’a pas accomplis, de pensées dévorantes qu’on n’a pas pensées,

De souffrances cinglantes qu’on n’a pas subies, de rires bruyants qu’on n’a pas poussés;

Et moi, à l’heure où mes fossoyeurs, la pipe et la malice aux lèvres, se mettent à creuser,

Où une dernière vision se fige dans mon cerveau, où je sens crier en moi une dernière volonté,

Je regrette chaque crime que, dans ma vie, je n’ai pas commis,

Je regrette chaque désir que, dans ma vie, je n’ai pas assouvi.

Senna Hoy (1914)

(Traduction-adaptation de l’allemand par Gaël Cheptou)

Marc Tomsin – Éditer de merveilleux livres

Entretien avec le regretté Marc T. , sur ses activités d’éditeur, publié dans le Monde Libertaire en 2011 (Guillaume Goutte).

Rue des Cascades

La Critique sociale (1931-1934)

Lire en ligne la Critique sociale sur le site de la bibliothèque Gino Binaco (Forlì)

Mon droit, Barka !

Mon droit, Barka ! Barka est un mot d’origine arabe, rapporté par les bataillonnaires et qui, employé assez couramment maintenant en argot, signifie C’est tout ! d’une facon assez vigoureusement péremptoire. (Delarue/Giraud, Les tatouages du « milieu », 1950, p. 33.)

(À la base du cou, le classique « Pointillé à Deibler », formé de petites étoiles…)

(Lucien-Hector Jonas : Un joyeux tatoué, 16 juillet 1915 – Source)

Mêmes inscriptions (Barka, M.A.V.), même poignard traversant le nez…

L’Humanité du 5 novembre 1915 relate les tribulations alcoolisées de [Auguste-] Ferdinand Lamotte, soldat de deuxième classe au 23e colonial, qui portait, tatouée sur le front, cette devise évoquant l’acte individuel, la vengeance justifiée, accomplie ou à accomplir (serait-ce, là encore, le même homme ?).

On rapporte également que, dans les prisons tunisiennes, Gustave Champale (1898-1951), mutin de la Mer Noire, s’était fait tatouer sur le front ces deux lignes : « Mon droit, pas plus », « Mon droit barca » (Maitron) ; et que, emprisonnés à Clairvaux, certains de ses camarades se firent tatouer (« dans leurs instants de désœuvrement » !), au même endroit du visage, l’inscription : « Marin de la Mer Noire » et au-dessous : « Mon droit » – « Barca » (L’Humanité du 6.01.1922).



Referer der letzten 24 Stunden:
  1. google.com (20)